Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs

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7 Très bon

S'il ne révolutionnera pas le monde de l'animation, Arrietty nous apporte tout de même notre lot d'émotions. L'histoire n'est pas nouvelle, mais la magie Ghibli opère encore et toujours grâce à la poésie qui se dégage de ce film. Ne boudons pas notre plaisir, ça risque d'être de plus en plus rare...

  • Note des Utilisateurs (3 Votes) 8.8

Alors que tous les fans de Ghibli sont sous le choc après l’annonce de l’arrêt de production des films d’animation de la part du studio japonais, j’ai dans le même temps pu voir (enfin !) Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs. Une raison de plus de regretter leur décision ?

Elle a tout d’une grande

ArriettyArrietty, le Petit Monde des Chapardeurs (借りぐらしのアリエッティ) est une adaptation libre, très libre de la série de romans « Les Chapardeurs » écrite par Mary Norton à partir de 1952. Shô, un adolescent malade du cœur part se reposer une semaine chez sa grand-tante vivant dans une belle maison à la campagne, en prévision de son opération à venir. À peine arrivé qu’il entrevoit courant dans le jardin Arrietty, un être de 4cm d’apparence humaine. Celle-ci vit cachée avec ses parents dans les fondations de la maison. Ne devant pas se révéler aux yeux des humains, ces petits êtres vivent en chapardant la nuit ce dont ils ont besoin pour survivre. Mais l’arrivée de Shô dans la maison et sa rencontre fortuite avec Arrietty marquera un tournant dans leur vie respective.

 Du neuf avec du vieux

ArriettyAvec Arrietty et ses parents vivant dans une maison d’humains, se servant d’objets usuels comme une pince à linge, du scotch, des agrafes, des morceaux divers et variés, j’ai eu un énorme feeling « Minipouss », une série franco-américano-japonaise qui passait à la télévision dans mon enfance lointaine. Cette série étant une adaptation des romans de John Peterson « The Littles », Arrietty le film s’inspire aussi bien des Chapardeurs que des Littles. Mais si l’univers général n’est pas une trouvaille des studios japonais, la touche Ghibli se ressent tout au long du film. On est bien loin des séries pour enfants, Le Petit Monde des Chapardeurs s’adressant vraiment à toute la famille.

Première réalisation de YONEBAYASHI Hiromasa en attendant en fin d’année Omoide no Marnie, Arrietty a été scénarisé par MIYAZAKI Hayao, comme la plupart des films Ghibli. Comme à son habitude donc, il nous entraine dans un monde que l’on croit connaitre, mais nous le montre dans un angle que l’on n’aurait jamais pensé aussi magnifique. Si la maison dans laquelle se passe l’histoire est pittoresque à souhait, c’est surtout le fait de s’attarder sur des toutes petites parcelles en prenant le point de vue des Chapardeurs qui la rend si belle. Une simple épingle devient une magnifique épée. Une feuille devient un parapluie efficace. Une montre-bracelet devient une pendule. Une vieille bouilloire devient un radeau de fortune. Une cuisine de maison de poupées devient un endroit extraordinaire. Et avec ce point de vue, le moindre espace un brin étendu comme une chambre ou un débarras devient un nouveau monde à explorer. Alors que l’on ne sort pas vraiment de la maison de campagne durant 1h30, on a pourtant l’impression d’avoir parcouru des centaines de kilomètres.

Des personnages à la hauteur

ArriettyMais tout cela n’est uniquement possible que parce qu’on a des guides de premier choix. À l’instar d’un Totoro, Arrietty, le Petit Monde des Chapardeurs met en scène très peu de personnages ayant tous une grande importance, même les moins présents. C’est risqué si l’on ne s’y attache pas, mais encore une fois cela fait mouche. Arrietty est une adolescente pleine de contradictions, tiraillée par son goût pour l’aventure et la découverte, sa famille et sa condition de lilliputienne qui la rend si vulnérable à la moindre menace (rats, corbeaux, grenouilles…). Le père en bon chef de famille essaye tant bien de mal de la tenir, et la mère joue aussi bien le rôle de la maitresse de maison que de la « fofolle » un brin hystérique. Shô est lui un peu lisse, mais son rôle est nécessaire pour le déroulement de l’histoire. Son lien avec Arrietty compense largement son manque de caractère. Si la grand-tante est très effacée, la gouvernante Haru comble les trous en tenant plusieurs positions.

Un petit goût d’inachevé

ArriettyLa seule chose qui manque à Arrietty pour en faire un grand Ghibli est le rythme de sa narration. Si la première demi-heure est assez extraordinaire, le soufflet retombe un petit peu par la suite pour faire avancer l’histoire, pas déplaisante mais finalement assez convenue. On reste tout de même charmé jusqu’au bout, notamment grâce à la musique composée et chantée par la française Cécile Corbel. Le côté celtique colle très bien à tout l’univers, même si le choix des musiques est parfois douteux et crée un décalage entre l’image et la bande-son. Ces musiques restent en tout cas de grande qualité, et l’on prend plaisir à les écouter même en dehors du film.

Le film manque peut-être un peu d’ambition pour atteindre le statut de Princesse Mononoke ou du Voyage de Chihiro, mais ça reste un joli conte, un beau voyage dans la veine des Pompoko et autres Ponyo sur la falaise. À ne pas manquer donc, encore une fois.

Arrietty

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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