Book-Off, du bonheur à bas prix

3
Pocket

Book-Off. Qui porte un intérêt pour les mangas et/ou jeux vidéo pas chers doit forcément faire un pèlerinage dans l’un des nombreux magasins jaunes dans l’espoir de dénicher la perle rare.

Book-Off, pourtant si jeune…

Book-Off est une chaîne de vente et de rachat de produits d’occasion très bien implantée avec plus de 900 magasins à travers tout le Japon, et même quelques franchises aux États-Unis, en Corée et en France (même si le magasin dédié aux produits japonais a définitivement fermé en Janvier 2016). Un succès fulgurant pour une société apparue seulement en mai 1990. On y trouve principalement des livres, des produits multimédias comme des jeux vidéo et des DVD mais également des vêtements, des appareils électroniques, des accessoires de sport et de musique, des bijoux, de l’équipement pour bébés, des jouets, de produits dérivés… avec parfois des magasins entièrement dédiés à un univers. Fort de son succès, la compagnie a également ouvert des magasins Tsutaya (pour la location de vidéos), ouvert une plateforme online et a même conclu un accord avec Yahoo. Mais je me focaliserai dans cet article uniquement sur les magasins Book-Off et franchisés.

De l’occasion toute neuve

Book-off (8)

Book-Off a choisi de se consacrer aux produits d’occasion pour proposer les meilleurs prix. Mais c’est de l’occasion « à la japonaise », c’est-à-dire pratiquement du neuf (on peut même barrer la mention « pratiquement » sur certains produits) dans la majeure partie des articles vendus. Bien sûr si vous cherchez des livres publiés dans les années 60, ils auront forcément subi l’épreuve du temps avec un jaunissement notamment sur la tranche, mais ça reste tout à fait correct (pas de pages qui se détachent ou autres désagréments).

Le prix est d’ailleurs dégressif selon l’état de l’objet vendu. Mais les exigences étant très hautes. Si un livre a la moindre trace de lecture et pour peu qu’il ait 4-5 mois d’ancienneté, il se retrouve rapidement au prix le plus bas, 108¥ (0,87€) alors qu’il sera vendu neuf à plus de 500¥ (4€). On trouve aussi des packs « faits maison » allant de 4 à 40 livres pour des prix hallucinants. Même constat pour les DVD, produits plutôt chers au Japon (4000¥ à la sortie, 32€) qui passent à moins de 10€, parfois 5€, ou encore pour les jeux vidéo.

À noter tout de même que les prix varient selon le magasin, ils ne semblent pas régis par une centrale commune. J’ai par exemple vu le jeu 3DS Persona Q à 1550¥ dans une boutique et 2550¥ dans une autre, soit environ 8€ de différence. Sachant qu’à Tokyo il y a des dizaines de Book-Off, il est facile de comparer pour trouver toujours moins cher. On tombe de temps à autre sur des produits vendus vraiment neuf, mais dans ce cas le tarif n’est pas des plus attractifs.

La recette qui leur permet de proposer de tels prix ? Racheter la marchandise à des tarifs très (très) bas. Mais quand on sait que les mangas par exemple, équivalant à nos magasines dans le mode de consommation occidentale, finissent bien souvent à la poubelle faute de place pour les entreposer, autant réaliser un profit, même léger, en les rapportant . D’autant qu’on les revend rarement un par un, attendant plutôt d’avoir un petit stock pour s’en débarrasser ce qui fait passer un peu mieux la pilule. C’est sûr qu’à 10¥ (0,08€) la reprise d’un livre acheté 108¥, inutile de se déplacer pour si peu. C’est un peu plus rentable pour les choses qui ont un peu plus de valeur. Le Blu-Ray d’Iron Man 3 est repris 1200¥, le dernier album d’Adèle 1300¥, même si là encore rien de mirobolant.

Quand on voit la masse de produits proposés, on peut dire que ce système économique fonctionne à la perfection. Il n’y a qu’à voir les rayons bourrés à craquer de produits rachetés à prix dérisoires. Cette offre pléthorique permet également d’attirer encore plus de clients qui sont sûrs de trouver leur bonheur. Même si beaucoup ne viennent que pour lire (c’est permis ici) dans les allées, telle la Fnac dans ses plus belles années…

Et comme partout au Japon, Book-Off se dote bien évidemment de sa fameuse carte de fidélité, disponible en 10 secondes lorsqu’on la demande en caisse. La carte n’étant pas nominative, vous pouvez la créer même sans adresse japonaise, ou même sans pièce d’identité (contrairement à la revente d’articles, un peu plus contraignant pour les touristes donc, même si c’est possible avec le passeport). Cette carte vous fait cumuler 1 point par tranche de 100¥ (0,81€) dépensés hors TVA, 1 point équivalant à 1¥ lorsque vous décidez d’utiliser votre pécule. Oui c’est peu, mais il n’y a pas de petites économies. Vous récupérez par contre 20 points par tranche de 100¥ lors de la revente.

Une petite expédition pour l’exemple

Book-offMon japonais étant ce qu’il est, je ne peux pour le moment pas m’intéresser de près aux romans de Murakami ou de Miyabe . Je me contente de mangas pour mes séances de lecture. Fort heureusement, l’offre inépuisable du marché japonais me permet de découvrir de nombreuses séries. On est pourtant bien servi en France, mais ça reste incomparable. Me voilà parti à mon Book-Off, un établissement de taille très respectable alors que je suis situé dans une petite ville de Fukuoka, pour vendre mes 12 mangas et renouveler ma maigre bibliothèque. Après un bref formulaire que je remplis avec mon nom, mon adresse, mon numéro de téléphone, mon métier, mes 12 mangas achetés en packs pour 600¥ (4,80€) quelques jours plus tôt sont repris pour 120¥ (0,97€), argent donné en liquide et non crédité sur ma carte (pas nécessaire pour cette étape) comme c’est plutôt la pratique en France. On est vraiment dans l’esprit dépôt/vente ici.

Enrichi comme jamais après la revente de mes accessoires devenus inutiles, je m’empresse d’arpenter de nouveaux les larges travées des rayonnages dont les murs ne sont que livres en tous genres, classés par éditeurs puis par ordre « hiragana-ique ». Après 30 minutes de recherche à l’aveuglette vu que je ne connais pas le tiers des mangas proposés, je tombe sur plusieurs packs aux prix défiant toute logique pour moi, parisien habitué à acheter mes mangas 7€ pièce.

Me voici donc de retour en caisse avec les 3 ensembles suivants :

  • Persona 4, les 6 premiers volumes à 300¥ (2,42€)
  • Billy Bat, les 4 premiers volumes à 108¥ (0,87€)
  • Hanagata, les 10 premiers volumes à 250¥ (2,02€)

Chacun de ces livres est aussi disponible séparément à la vente, pour 108¥. Ces packs sont en général créés pour écouler plus facilement des stocks d’exemplaires un peu trop nombreux.

20 livres à l’état neuf pour 5,31€, c’est assez phénoménal. Bien sûr à la revente je ne gagnerai que 200¥ (1,62€) mais qu’importe, l’intérêt est ailleurs.

L’hôte de caisse me propose d’utiliser mes points malgré la faiblesse que ça représente (21 points amassés, 21¥ (0,17€) de remise donc), que j’accepte pour boucler ce tour d’horizon.

Book-Off est devenu un poids lourd au Japon grâce à tout son système commercial, et surtout parce qu’on n’a pas l’impression de se faire léser lors du passage en caisse. Cela n’empêche pas les produits neufs de toujours aussi bien se vendre, le fait de vouloir le dernier produit sorti y étant pour quelque chose. Mais pour qui n’est pas trop attaché aux dates de publication, c’est une véritable chaîne de cavernes d’Ali Baba qui s’offre à vous.

Partager.

À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

3 commentaires

  1. J’en connais un à qui ça devrait plaire xD

    Super article en tout cas, dommage qu’il n’y en ai si peu en France, mais c’est évident que ce soit un passage obligé pour tout fan de manga 🙂

  2. Ici la grammar police, ici la grammar police, nous avons détecté un « s » à « des jeux vidéo ». Merci de faire la correction au plus vite !

    (Article très intéressant, merci 😉

Laisser un message