La Coupe du Monde des Japonais: le Bilan

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Alors que les 8èmes de finale de la Coupe du Monde ont commencé, on voit malheureusement que le Japon ne fait pas partie de ce tableau final. Déjà l’heure du bilan pour les Samurai Blue.

Une bonne préparation malgré des petites inquiétudes

bilan 7Les Japonais ont effectué une préparation optimale, avec 5 victoires de rang en match amical avant d’attaquer la falaise brésilienne. Si les victoires contre Chypre (1-0) ou la Nouvelle-Zélande (4-2) étaient attendues, leurs belles prestations face au Costa Rica (3-1), la Zambie (4-3) et surtout la Belgique (3-2) et les Pays-Bas (2-2) auguraient de bonnes choses pour la compétition. Des matchs toujours spectaculaires, avec beaucoup de buts marqués… mais aussi encaissés ont apporté une bonne dose de sympathie envers les nippons. Avec un tirage pas facile mais à leur portée pour les poules (la Colombie mise à part, la Côte d’Ivoire et la Grèce étaient sur le papier du même niveau), on les voyait déjà en 8ème comme lors des éditions 2002 et 2010.

Une attaque en forme malgré les résultats moyens de leurs stars en club (Honda qui va au Milan et ne marque presque pas, Kagawa rarement titulaire dans une équipe de Manchester United médiocre, Nagatomo qui accroche difficilement la qualification en Europa League avec l’Inter Milan), mais des « seconds couteaux » qui ont fait une bonne saison (Okazaki a mis 15 buts avec Mayence, Uchida qui aura fait une bonne Ligue des Champions avec Shalke 04…) permet à l’ensemble de l’équipe d’avoir confiance. À condition de resserrer les rangs derrière…

Premier match, première déconvenue

bilan 8Pour le premier tour de la compétition, le Japon se présentent devant la Côte d’Ivoire. Si les noms ronflants de Drogba (certes, vieillissant, mais toujours l’âme de cette équipe) ou de Gervinho peuvent donner quelques sueurs froides, les japonais ont tout de même des arguments à faire valoir. Et ils attaquent le match comme il faut en marquant par l’intermédiaire de Honda Keisuke dès la 16ème minute alors qu’ils étaient en difficulté dans le jeu. Cela les réveille et ramène les deux équipes au même niveau. Malgré de belles actions de part et d’autre, le score ne bougera pas jusqu’à la pause.

En seconde période Lamouchi fait entrer Drogba à la 61e minute ce qui change le match. Non pas que celui-ci se montre décisif dans le jeu, mais avec l’entrée de leur leader charismatique sur le terrain, les Ivoiriens se voient offrir des espaces par les Japonais focalisés sur le géant africain. Trois minutes après l’entrée de Drogba, le toulousain Serge Aurier trouve Bony complètement seul qui ne manque pas l’égalisation. Les Japonais, sonnés, n’ont pas le temps de se remettre de ce coup sur la tête que deux minutes plus tard Aurier, encore lui, trouve Gervinho une nouvelle fois libre de tout marquage. Les Japonais auront beau pousser, ils ne se remettront pas de ces deux minutes fatales. Un tel manque de concentration et d’expérience dans les moments importants ne pardonne pas dans ces compétitions. Défaite 2-1.

Deuxième match, là où tout se joue

bilan 6Rien n’est perdu, les Japonais peuvent se qualifier s’ils engrangent au moins 4 points lors des deux derniers matchs. Au deuxième tour des poules se dresse la Grèce, réputée pour son jeu défensif, peu spectaculaire, et surtout très ennuyeux. La technique japonaise et leur jeu tout en mouvement est parfait face à un tel adversaire. Mais lors de la première période, les Grecs se montrent plus joueurs que prévu et attaquent. Les Japonais leur rendent coup pour coup, et la partie reste agréable, mais vierge de tout but. Et à la 38e minute de jeu, Katsouranis offre une chance inespérée aux Asiatiques en se faisant expulser après deux grosses fautes en dix minutes. Avec plus d’une mi-temps à jouer en supériorité numérique, il ne faut pas laisser filer la victoire qui leur tend les bras. Mais les Grecs reviennent alors à leurs fondamentaux, à savoir une défense de fer. Et les Japonais retombent quant à eux dans leurs travers. Malgré une multitude d’occasions franches, ils se montrent incapables de faire entrer le ballon dans les filets adverses. Ils s’énervent même, perdent un peu leur sang-froid en jouant trop sur les côtés pour écarter l’équipe Hellène (ce qui est une bonne idée) et en centrant à tout va (mauvaise idée, les défenseurs rugueux se régalant dans les airs). L’occasion était trop belle, le Japon n’a pas su en profiter. Match nul 0-0.

Troisième match, James seul au monde

bilan 5Car avec un tel résultat, les Japonais ont pour obligation de gagner leur troisième match face à des Colombiens, certes déjà qualifiés et laissant au repos leurs meilleurs joueurs, mais dont le jeu et les joueurs font craindre les contres assassins. Alberto Zaccheroni redonne sa chance à Kagawa (remplaçant contre la Grèce) et laisse le trop tendre Osako sur le banc. Avec Honda, Okazaki et Okubo, on se dit qu’il va y avoir du but. Mais de quel côté ?

Car les Japonais encore une fois une pléiade d’occasions, mais ne concrétisent encore pas. Un mal récurrent depuis plusieurs années déjà. Et ils se font punir sur un contre presque anodin mené par Ramos. Le joueur se fait tacler dans la surface par Konno alors qu’il y avait finalement peu de danger, et l’arbitre n’hésite pas à siffler pénalty pour les Sud-Américains qui sera transformé sans soucis par Cuadrado. Le reste de la première période n’est qu’une succession d’attaques plus ou moins dangereuses des nippons, qui seront finalement récompensés au bout du temps additionnel par un but d’Okazaki. Presque inespéré tellement le mur jaune et blanc semblait infranchissable.

Il reste donc 45 minutes pour se qualifier, d’autant que le score de l’autre match est favorable au Japon qui passera en cas de victoire. Mais c’est là que Jose Pekerman décide de lancer son joyau James Rodriguez. Les Japonais devant se lancer à l’attaque, la vitesse et la technique de James peuvent faire des ravages à la récupération du ballon. Et il n’aura pas fallu attendre plus de dix minutes pour voir le monégasque donner une passe décisive à Jackson Martinez, son ancien complice du FC Porto. Les Japonais sous le choc ne pourront plus réagir après tant d’efforts. Jackson se permettra d’enfoncer le clou sur une nouvelle passe de James, avant que celui-ci ne mystifie toute la défense pour y aller de son but. Ou comment donner tout la signification au terme « impuissance ». Défaite sans appel 4-1.

La fin d’une époque ?

bilan 3Avec un seul point pris en trois matchs, il était impossible de se qualifier. Mais lorsqu’on regarde le contenu des matchs, il y avait vraiment la place pour mieux faire. Les Japonais auraient pu décrocher mieux de leur premier match avec moins de naïveté et un peu plus de maitrise. Ils auraient aussi pu l’emporter (et dans les grandes largeurs) avec plus de rigueur offensive face aux Grecs. Et avec une première mi-temps en (quasi) totale maitrise face aux coiffeurs colombiens, il y avait encore de quoi se prémunir de la rouste subie. On disait le Japon sur la pente ascendante avec leur génération dorée, mais cette génération a bien du mal à exister sur la scène mondiale. La différence de niveau entre le continent asiatique et les monstres européens et américains est encore trop importante. C’est toujours dans les défaites que l’on apprend le plus comme on dit. Si Zaccheroni a présenté sa démission après cette déconvenue, il ne faut surtout pas tout remettre en cause. Le Mexicain Javier Aguirre devrait prendre la tête de l’équipe dans les prochains jours, son expérience pourrait leur apporter le « petit quelque chose » qui leur manque pour devenir une grande équipe. Ils ne sont pour le moment qu’une bonne équipe, plaisante à voir jouer et avec de vrais talents bruts. Reste que pour un pays dont la culture football est si récente, ce n’est déjà pas si mal.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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