Final Fantasy VII: On the Way to a Smile

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Ça peut paraitre un peu sévère, et pourtant... Que ça soit sur le plan littéraire ou scénaristique, On the Way to a Smile n'a absolument aucune valeur. Les fans se sentiront floués quand les non initiés n'auront pas plus l'envie d'en découvrir davantage (plutôt le contraire en fait). Mieux vaut ignorer cette chose qui ne fait que du mal à la légende Final Fantasy VII.

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Final Fantasy VII est certainement le jeu qui aura marqué le plus le monde du RPG lors de sa sortie en 1997. En 2009 (et 2014 pour la France) sortait On the Way to a Smile, un recueil de nouvelles dont chacune reprend un des personnages clés du jeu vidéo ou du film Advent Children lui faisant suite. Que vaut cet énième produit dérivé ?

A the way to a smileFinal Fantasy VII a été un tournant dans le jeu vidéo, faisant exploser le genre RPG à travers le monde avec ses 9,8 millions de ventes internationales. Un succès autant critique que commercial qui lui a valu bon nombre de produits annexes comme les disques, les figurines, les jouets, d’autres jeux vidéos, un film, des animes, et donc un livre : On the Way to a Smile. Quand on a une base de fans aussi étendue que celle du jeu de Square (devenu Square-Enix depuis sa fusion avec une grande firme japonaise de jeux vidéo), il est normal de capitaliser dessus autant que possible. Il est pourtant assez rare de voir cette exploitation durer presque 20 ans, ce qui démontre la grande popularité dont jouit Final Fantasy 7. Étant moi-même un grand amateur de ce jeu, j’ai accueilli la publication de On the Way to a Smile avec bonheur. Mais ça, c’était avant.

La forme touche le fond

A the way to a smile Ce recueil de nouvelles a été écrit par NOJIMA Kazushige, un des scénaristes de Final Fantasy VII et de quelques autres jeux vidéo de Square-Enix (Final Fantasy X et X-2, Kingdom Hearts, Crisis Core…). Car oui, l’écrivain est plutôt un scénariste, ce qui se ressent grandement à la lecture. Un style d’une pauvreté assez folle avec des répétitions, des incompréhensions (on ne sait même pas qui parle parfois), une platitude qui nous fait bailler à chaque page, des transitions coupées à la hache… Ce livre est rédigé comme le serait un story-board et non comme le serait un roman. Bien sûr je m’attendais à du fan-service et donc pas à de la grande littérature, mais de là à concurrencer autant Robert Kirkman (auteur des romans de Walking Dead) dans sa vacuité syntaxique, je ne m’y attendais pas. Le choix de faire des nouvelles sauve un peu le truc, ça se lit vite, très vite heureusement. Avec un peu d’indulgence, on pourrait imputer ça à la traduction qui aurait pu être faite sommairement. Mais le niveau est tellement faible qu’il n’y a pas débat.

L’éditeur (LUMEN pour l’édition française) a quand même fait l’effort dans l’objet en lui-même, en le publiant sous la forme d’un beau livre, avec couverture rigide assez jolie, sertie d’une autre couverture transparente pour donner un effet classe même si le rendu fait plutôt cheap, et même un marque-page en tissu comme à la bonne époque des romans d’Agatha Christie disponibles chez votre marchand de journaux. De quoi faire passer la pilule des 19,90€ ? Pas vraiment…

Le fond ne tient pas la forme

A the way to a smilePas vraiment car si la forme est plus que douteuse, on aurait au moins pu se rattacher aux informations que l’on aurait apprises à travers les différentes histoires des protagonistes créés par NOMURA Tetsuya. Pour rester dans la comparaison précédente, Walking Dead y arrivait plutôt bien (dans le premier tome du moins) en nous apportant une véritable histoire qui nous faisait découvrir le Gouverneur (désolé si je ne m’adresse qu’aux initiés). Mais On the Way to a Smile ne peut même pas s’enorgueillir de nous proposer un nouveau regard sur Yuffie, Denzel, Tifa, Vincent, Nanaki, Barret… À peine y arrive-t-il dans la toute dernière nouvelle se focalisant sur la Shinra, Rufus et les Turks. Le livre se présentait comme étant un lien entre Final Fantasy VII (le jeu vidéo) et Advent Children (le film) se déroulant 2 ans plus tard, c’est complètement raté. Je reconnais qu’il n’y a pas d’incohérences scénaristiques, mais les intrigues concoctées par Nojima sont tellement dépourvus d’intérêt qu’il ne risquait à aucun moment de s’éloigner de la chronologie de base. Oui on apprend certaines petites choses (pourquoi les Geostigmates ne touchent pas tout le monde, le fait que Nanaki a élevé des ours pendant un an dans la forêt, que Tifa ne s’entend pas trop avec Cloud, que Barret cherche du pétrole pour Cid, que Yuffie s’inquiète pour son village et en devient une figure importante, pourquoi Rufus est si mal en point dans Advent Children…), mais en fait on s’en fout. Tout ce qui arrive aux personnages est tellement futile par rapport à ce qu’on a connu qu’on s’en fout complètement. Parfois il peut se passer un petit quelque chose qui retiendrait notre attention comme la mort tragicomique d’un protagoniste fraichement rencontré, mais le style évoqué plus haut balaye ce moment de « presque-tension ». Tous les personnages passent au passage pour des dépressifs, bien loin de l’image des héros que l’on garde en tête. Si ça colle bien à Cloud tel qu’on le connait, ça ne coïncide pas vraiment avec les autres. Et Red XIII (Nanaki) qui passe pour un imbécile complet, cela apparait comme la goutte d’eau… À côté de cela, ne cherchez pas un quelconque soupçon d’action, le livre en est tout simplement privé. Hormis le background utilisé et les fils rouges connus, on peut se poser des questions quant à l’utilité de cette « œuvre ».

On termine le bouquin en deux bonnes heures, et on passe à autre chose. Pour qu’il ne donne même pas envie de se replonger dans le jeu d’origine, c’est vraiment qu’il a manqué son but. Avec de telles personnalités, il y avait de quoi faire quelque chose. Mais à trop vouloir rester dans les clous, en ayant peur des incohérences, et en le faisant écrire par un gars dont ce n’est visiblement pas le métier premier, On the Way to a Smile est une énorme déception. Si vous ne connaissez pas la licence, il n’y a évidemment aucun intérêt à ouvrir le livre. Si vous êtes un fan, je vous conseille vivement d’en faire autant…

A the way to a smile

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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