Fullmetal Alchemist, le film

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7 Très bon

Pas facile à adapter du fait de la richesse de son univers, Fullmetal Alchemist se concentre sur le principal pour donner un film certes classique, mais très plaisant. Taillé aussi bien pour les fans que pour les nouveaux venus, il a tout pour plaire. En attendant une suite un peu plus ambitieuse.

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Après Gintama ou Jojo’s un peu plus tôt, et en attendant la sortie de Bleach pour l’été prochain, c’est au  tour de Fullmetal Alchemist de débarquer dans les salles japonaises dans une version live. Petit retour sur ce long-métrage qui a la lourde tâche de ne pas trahir un monument du manga.

Manuel du petit alchimiste

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Voilà déjà 14 ans que j’ai découvert un anime qui allait être pour moi une claque magistrale. Fullmetal Alchemist (FMA), ou Hagane no Renkinjutsushi (Hagaren) pour son titre original, est un manga assez remarquable de par son mélange des genres, son trait particulier, ses personnages et ses nombreuses scènes choc amenées par un scénario habilement développé par la mangaka Hiromu Arakawa. L’anime (ou plutôt les animes, deux adaptations existant) n’est pas en reste et respecte l’œuvre avec un talent certain, appuyé en cela par une bande originale inoubliable (Bratja!). Un bien lourd fardeau quand vient l’heure de la sortie en prises de vues réelles.

Pour ceux qui auraient raté le train de l’émission « La Kaz » sur Canal +, ou qui seraient nés près de l’année 2000, rapide retour sur l’intrigue. Edward et Alphonse Elric sont tout jeunes quand ils perdent leur mère. Portés sur l’art de l’alchimie qui apparait comme une science universelle dans leur pays d’Amestris, ils tentent de la ressusciter par transmutation humaine (ce qui est interdit). Mais cela ne se passe pas sans conséquences. Non seulement Ed perd un bras et une jambe dans l’affaire, mais l’âme d’Al se voit privée de son enveloppe charnelle et se retrouve rattachée à une énorme armure ancienne, en plus de l’échec de la résurrection de leur mère. Ed se voit remplacer ses membres perdus par des automails grâce à son amie d’enfance Winry, et obtient le surnom de Fullmetal Alchemist. Il s’engage dans l’armée dans le but d’accéder à des informations qui le rapprocheraient de la Pierre Philosophale, indispensable pour récupérer leur corps perdu grâce à ses pouvoirs immenses. Mais l’arrivée d’Homonculus, des êtres inhumains au pouvoirs terrifiants et immortels semblant lui porter grand intérêt ne va pas l’aider à trouver ce précieux artéfact.

 

Rien ne se perd, tout se transmute

Je suis plutôt bon client des interprétations live de ces dernières années, surtout que les budgets alloués permettent des résultats convaincants (Kenshin le Vagabond, Gantz, L’Habitant de l’Infini ou dernièrement Ajin : Semi-Humain), même si on n’est pas à l’abri de mauvaises surprises (L’Attaque des Titans, Terra Formars). Mais il faut reconnaitre qu’aucun n’arrive à se mettre au niveau du manga dont il est issu. Le format court d’un long-métrage (hoho) oblige à des coupes énormes dans le déroulement, des simplifications à l’extrême dans le développement de chaque personnage (quand ils ne sont pas coupés au montage comme c’est ici le cas avec le pourtant charismatique Commandant Armstrong), des raccourcis qui débouchent parfois sur des non-sens… Bref, c’est tout sauf un média propice à l’incarnation ultime.

Et malgré ses 2h30, il faut reconnaître que FMA  ne déroge pas à la règle. Le film de Fumihiko Sori est bien trop riche pour que les scènes vraiment marquantes ressortent comme elles le mériteraient. Si elles parlent évidemment aux fans de l’anime, elles auront moins d’impact pour ceux qui découvrent Hagaren. Par exemple, voir une personne supposée très importante dans le manga mourir alors qu’on l’a vue seulement 3 minutes à l’écran n’est pas des plus efficaces, on devient un peu plus difficilement les yeux humides. Des remaniements scénaristiques importants font aussi leur apparition en particulier pour boucler le film, à chacun de les accueillir comme il l’entend (ils passent plus ou moins bien).

Mais nonobstant ces « défauts » que l’on pourrait classer comme inévitables, l’ensemble reste toujours cohérent sans que ça ne paraisse obscure pour les néophytes. Assez long (pour un film), on reste captivé sans tomber dans quelque somnolence jusqu’au dévoilement final. S’il manque clairement d’action par rapport à ce que suggère sa disponibilité en 4D, il garde un rythme soutenu grâce à quelques révélations percutantes.

Dans la famille Homonculus, je choisis…

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S’il est présent sur l’affiche, le chat n’est malheureusement pas présent dans le film

 

Mais ce qui fait la grande force de Fullmetal Alchemist, c’est sa galerie de personnages tous différents. S’il ne fallait pas se foirer dans le casting, c’est globalement réussi. Le film est peut-être un peu trop centré sur Edward, rôle campé par Ryosuke Yamada (un membre du groupe Hey ! Say ! JUMP) lui donnant un côté un peu poseur au départ, Dean Fujioka (un charismatique Roy Mustang), Ryuta Sato (parfait pour camper Maes Hughes), Tsubasa Honda (la pétillante Winry) ou encore Nastuna (la volontaire Maria Ross) apportent une grande diversité. Les Homonculus ont moins de chance dans leur traitement par contre. Trop rares à l’écran, Envy (joué par Kanata Hongô) et Gluttony (Shinji Uchiyama) passent carrément à la trappe alors qu’ils ont un rôle plus qu’important quand on connait la série. Seule Lust (Yasuko Matsuyuki) a droit au « respect » qui lui est dû. Et comment ne pas évoquer l’absence d’un personnage aussi fascinant que le Colonel Armstrong ! Peut-être trop difficile à incarner (il aurait fallu aller chercher un étranger) ?

J’ai également été agréablement surpris par les décors très fidèles (allant jusqu’à tourner en Italie pour la scène d’ouverture), les costumes qui évitent l’écueil d’un rendu « déguisement », et les musiques qui bien que discrètes soutiennent efficacement l’image. Les effets spéciaux font parfois un peu cheap, mais ça ne dénote pas dans l’identité générale.

 

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Pour résumer, Fullmetal Alchemist est une solide adaptation. Ne prenant pas vraiment de risques, il fait dans l’efficace. Loin d’être une « trahison » auprès des fans, il offre une bonne entrée en matière pour les non initiés. C’est tout ce qu’on lui demande. Pour le reste, il y a le manga ou la série animée (Brotherhood, la plus récente et la plus fidèle tant qu’à faire) pour ceux qui n’en ont pas assez.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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