Le japonais en autodidacte: une année au Japon (2/3)

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Voici la deuxième partie contant mon aventure dans les méandres du Japonais. Après une entrée en matière longue et douloureuse (voir la première partie ici), me voici au Japon pour une année complète. Ne devant pas compter sur mes faibles acquis pour me débrouiller dans la vie quotidienne, je suis reparti pour un apprentissage un peu plus structuré, le tout dans un contexte bien plus favorable.

On recommence depuis le début

Si j’ai pu grandement compter sur mes amitiés tissées lors du premier voyage, je devais également me prendre en main. Tout d’abord, revoir et consolider toutes les bases. Un livre, c’est lourd quand on fait un voyage. Pour ne pas m’encombrer, j’ai utilisé d’autres outils bien plus portables comme mon iPod et ma Nintendo DS. Grâce à la DS et au logiciel « My Japanese Coach » d’Ubisoft (disponible seulement en import américain, et donc seulement en anglais par contre), j’ai pu reprendre pas à pas toutes les bases dans des leçons didactiques et très bien fichues. Il m’a tout de même fallu 3 mois pour le maîtriser totalement à raison d’une demi-heure par jour, parfois plus. Rien ne sert de courir, il faut juste prendre le temps d’assimiler chaque chose, de faire en sorte de pouvoir utiliser ses connaissances fraîchement acquises correctement.

L’iPod (ou iPhone) est aussi un petit bijou de technologie. Je me suis tout d’abord énormément servi de l’application « imiwa ? ». Cette application, en plus d’être un dictionnaire ultra complet consultable hors-ligne, propose énormément d’exemples de phrases, la possibilité de se créer des listes de vocabulaire, d’analyser les kanjis (leur sens, leur écriture) et tout ça… gratuitement. Si quelqu’un a un équivalent sur Android ou Windows Phone, n’hésitez pas à l’indiquer dans les commentaires. Ensuite, j’ai utilisé l’application « Kanji LS » pour apprendre pas à pas les kanjis. Classés par niveaux, il est très aisé de commencer par les plus utilisés avec le gros plus de pouvoir les écrire sur l’écran lors des séances d’entrainement ou de tests de niveau. Avec le stylet pour l’accompagner, cette application (qui coûte 10,99€) devient rapidement indispensable pour étudier dans les transports dans lesquels on passe un temps fou quand on habite Tōkyō, dans son lit, dans la file d’attente du Tokyo Game Show…. Étant un grand amateur de musique japonaise, la fonction permettant d’afficher les paroles m’a également permis de pouvoir suivre des textes tout en japonais en ayant quelqu’un qui me fait la lecture (l’interprète de la chanson) sans que cela ne fasse trop scolaire. J’ai commencé par les kanas en utilisant des ballades comme Flavor of Life d’UTADA Hikaru, au rythme très lent, puis j’ai progressivement passé toutes mes chansons en mode « kanjis » pour m’habituer à lire de plus en plus vite. Assez efficace. Vous pouvez retrouver toutes les paroles de vos chansons préférées sur j-lyric.net ou mojim.com (la recherche se fait en japonais).

Mode Otaku « off »

japonais en autodidacteMais si j’ai passé énormément de temps à étudier à la maison (de 2 à 6h par jour), j’étais surtout à Tōkyō pour agrément, et ai donc passé pas mal de temps dehors. Après avoir dompté un minimum les bases, j’ai pu trouver par petite annonce sur internet un professeur de langue en apprentissage et donc gratuit. Assez informels, ces cours prenaient la forme de conversations entre amis dans un café et ce, une heure par semaine ou parfois plus. Me retrouvant souvent dans le rôle du gamin que l’on envoie au tableau alors qu’il ne sait pas une ligne de son cours, le démarrage a une fois de plus été complexe. Mais grâce à la gentillesse et à la patience de mon professeur, j’ai aisément pu m’accrocher et progresser à mon rythme. Celle-ci m’a d’ailleurs conseillé le site erin.ne.jp qui propose des vidéos scolaires, des leçons et des exercices accessibles à tous.

« on finit par étudier à chaque instant »

Parler avec les gens dans les magasins, les administrations a aussi été d’un bénéfice certain. Par exemple, pour utiliser le VISA « Working Holyday » il a fallu se rendre à la mairie du quartier où l’on a établi notre campement. Pas vraiment ouverte aux étrangers concernant l’accessibilité, tout s’est pourtant fait sans heurs. Lors de la souscription pour obtenir un téléphone également (objet obligatoire quand on reste pour un long moment), même si on a passé une heure pour un truc de 10 minutes en temps normal, cela s’est déroulé sans accroc. La raison à cela ? La serviabilité des japonais. Je ne vais pas en faire une généralité, mais le fait est qu’à chaque fois que j’en ai eu besoin, une bonne âme pétrie de bonnes intentions m’a aidé autant que faire se peut. S’ils ont parfois le réflexe de parler anglais même quand on répond en japonais, se lancer dans la conversation est une chose à ne pas occulter. Et puis naturellement on finit par étudier à chaque instant. On retient les kanjis des gares par lesquelles on passe, on apprend à demander des Fried Chiken au combini du coin, un sac quand on fait les courses… Mais cela ne suffit pas.

On met le contact

japonais en autodidacteÉtant par nature assez timide, je me suis contenté pendant quelques mois de mes amis, des amis de mes amis qui sont également devenus des amis (c’est clair ?) et de mon professeur (devenue une amie elle aussi) pour converser. Mais le fait est que ça ne remplit pas totalement un emploi du temps, chacun ayant tout de même ses occupations et sa vie à mener. Je me suis alors moi aussi lancé dans le jeu des petites annonces, en tapant au hasard sur internet. Et le premier site sur lequel je suis tombé semble avoir été le bon. « Multilingual Network », un site d’échange entre français et japonais pour apprendre mutuellement nos langues respectives. Si comme toujours il faut faire attention dans ce genre de sites où l’on trouve surement de tout, il m’a seulement fallu une annonce postée en français et japonais approximatif, et 3h d’attente durant lesquelles j’ai reçu 4 demandes. Par peur d’être submergé, j’ai coupé l’annonce en prenant soin d’établir la liaison avec mes correspondantes. Coup de chance pour moi, ce n’était que des femmes :-p. Par la suite, nous avons échangé par mail, FACEBOOK… Si je n’ai pas gardé longtemps la liaison avec 3 d’entre elles (les aléas de la vie), la 4ème personne et la seule que j’ai rencontrée m’a permis de m’exprimer en de nombreuses occasions, ce qui est toujours le cas plus de 3 ans après. Tout ça pour dire qu’il est très facile de nouer des relations avec des japonais se trouvant dans le même cas que nous, c’est-à-dire la difficile tâche d’apprendre une langue étrangère.

Si je ne suis pas rentré bilingue de cette longue (ou trop courte) aventure, cela m’a donné la possibilité d’atteindre un niveau suffisant pour m’exprimer à peu près convenablement, dans un laps de temps bien plus court que si j’étais resté en France. L’expatriation n’est pas une obligation, mais un véritable coup d’accélérateur (et tellement plus plaisant !). Au retour, il est malheureusement très facile de tout oublier quand on ne pratique plus. La semaine prochaine, je vous parlerai de mes petits trucs mis en place pour ne pas laisser pourrir les fruits de mon dur labeur.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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