Le japonais en autodidacte: des débuts difficiles (1/3)

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Le japonais est une langue des plus complexes vue de l’extérieur. Tellement complexe qu’il est difficile de se lancer dans son apprentissage, de peur de se retrouver face à un mur insurmontable. Alors, pour ceux qui ont tout de même une grosse envie de se lancer, je vous fais partager mon expérience personnelle quant à l’étude de cette magnifique langue, en espérant vous donner quelques pistes pour vous y mettre sérieusement vous aussi.

Je vous parlerai dans un premier article de mes débuts plus que difficiles et des erreurs à ne pas commettre après m’être présenté succinctement, puis la semaine prochaine de mon année au Japon qui aura été un tournant dans mon apprentissage, et enfin du retour au pays et de mes petits trucs pour me maintenir au niveau bien que je ne puisse plus vraiment pratiquer au quotidien.

Je m’présente, je m’appelle Rin…♪

japonais en autodidacte« Konnichiwa », « arigatou », « sumimasen », « kawaiiiiiiii ». Ces mots sont surement les plus familiers que l’on connaisse. Comme une blague, on les balance dès qu’on évoque la langue japonaise, même hors contexte. Les fans d’anime et de jeux vidéos en connaissent surement d’autres mais les « tasukete » (à l’aide), « shine ! » (meurs !) et autres « tatakau » (attaquer) ne sont pas des plus utiles dans la vie courante. Car pour vraiment apprendre une langue et toute chose, il faut commencer par les bases. Et d’après pas mal de témoignages, c’est là que ça coince. Car comment apprendre une langue quand on ne peut pas la lire ? Par où commencer ? Faut-il apprendre des phrases toutes faites, ou étudier un alphabet qui ressemble plus à des hiéroglyphes qu’à quelque chose de concret. Moi aussi je me suis souvent posé ces questions. J’aime le Japon et la langue japonaise depuis toujours, aussi loin que je me souvienne, avec la bonne époque des VHS qu’on arrivait à se procurer de dessins animés qui n’arrivaient pas en France. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre. Et avec l’arrivée d’internet dans ma vie, j’ai également découvert la force mélodique du nihongo (japonais) en m’ouvrant à sa culture musicale.

Malgré cela, j’ai attendu d’avoir 25 ans et mon premier voyage au Japon qui aura duré une vingtaine de jours pour me décider à étudier sérieusement. Lors de ce séjour, j’y ai rencontré des personnes formidables. Mais j’ai surtout pris en pleine figure la frustration de ne pas pouvoir m’exprimer correctement avec elles. Ce sentiment d’impuissance a été le déclencheur pour me lancer, alors que l’école n’était déjà qu’un lointain souvenir. Ne me voyant pas vraiment retourner en classe, me voilà donc parti dans l’apprentissage en autodidacte. Pour information, j’ai toujours été un cancre concernant les langues étrangères. Malgré cela, j’arrive désormais à tenir une conversation normale, à lire des articles pas trop compliqués (je n’en suis pas encore à lire le journal), à converser par chat ou Skype, à regarder des dramas et films sans sous-titres, à jouer à des RPG (des jeux vidéo tout plein de textes), à écrire des lettres… À cœur vaillant, rien d’impossible comme dirait l’autre.

Lost in space

Rien d’impossible, mais loin d’être une sinécure. Car sans vraiment d’aide extérieure, je me suis lancé à corps perdu dans un labyrinthe duquel j’ai mis un temps fou à me sortir. Je suis assez impatient dans la vie, j’ai donc voulu apprendre tout, tout de suite. J’ai donc commencé par acheter pas mal de livres dédiés à la grammaire (Manekineko, Assimil, le Japonais pour les Nuls), des livres d’exercices (Yatta !, Manekineko encore), des guides de conversation et bien sûr un dictionnaire (le Dicoyama). En parallèle, je me suis servi d’internet et de sites comme ici-japon.com, japan-activator.com ou même le site de la NHK qui propose des leçons en ligne. Et là, c’est le drame. Car si les informations sont globalement les mêmes (encore heureux), les méthodes différentes d’apprentissage n’auront été qu’un frein plutôt qu’avoir l’effet d’une assimilation de masse. Tout apprendre d’un coup est bien sûr impossible, mais mon envie m’a fait croire le contraire. Et quand est venu mon projet de m’installer pour un an au Japon, cette envie est devenue une obsession. Alors bien sûr, j’ai tout de même appris des choses, mais ce ne furent que des notions au final, un peu de vocabulaire difficile à placer quand on ne sait pas construire une phrase correcte, des formules toutes faites. Pas très probant.

Petits conseils entre amis

japonais en autodidactePour conclure cette première partie emplie d’échec, je vous conseille donc de vous discipliner. Il existe une multitude de méthodes pour commencer, aucune n’est forcément meilleure qu’une autre, et bien sûr aucun miracle n’est à attendre. Vous ne deviendrez pas bilingue en deux mois, gardez ça en tête. Le plus important est de trouver la méthode qui vous convient (des livres, des cours audio…), et SURTOUT d’être régulier. Quand on commence un apprentissage, que ce soit pour une langue, un instrument de musique, un sport…, il faut s’astreindre à étudier constamment et progressivement. Pour ma part, j’étudie tous les jours. Même si je n’ai que 15 minutes dans la journée, je fais tout pour pratiquer ne serait-ce qu’un tout petit peu. Le weekend me permet des séances plus longues heureusement. Mais s’arrêter et se dire : « je verrai ça demain » est le meilleur moyen d’arrêter. Pour une langue qui est aux antipodes du français, ne pas pratiquer pendant quelques jours, c’est s’exposer à oublier très vite les acquis que ne le sont finalement jamais au départ. La route est longue, mais dès lors qu’on s’amuse, qu’on prend du plaisir, ça passe tout seul. À votre tour de vous jeter à l’eau! Minna, gambatte ! (bon courage à tous !)

La semaine prochaine, le japonais en autodidacte: une année au Japon (2/3).

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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