Le japonais en autodidacte: retour en France (3/3)

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Troisième et dernière partie de mon aventure « apprendre le japonais en autodidacte » avec le retour en France après avoir commencé timidement ma formation puis mon pèlerinage. Dans cette partie, mes petits trucs pour ne pas perdre le savoir acquis et pour me maintenir au niveau autant que faire se peut.

Retour à la réalité

Dur atterrissage sur terre après une année de bonheur. À mon retour en France, j’ai tout fait pour garder le contact avec mes amis japonais, en continuant le chat et les conversations par internet. Plutôt difficile à gérer quand on a 7/8h de décalage horaire, ce qui a rendu les occasions un peu plus rares. Je suis revenu depuis maintenant 4 ans, et si je suis retourné 3 fois à Tōkyō pour de cours séjours, je ne pratique vraiment plus autant le japonais que je le souhaiterais. Et fatalement, j’oublie. Des mots simples, des tournures de phrases, des conjugaisons, ou même ma petite aisance orale, tout ça semble s’effacer irrémédiablement. Au moins je m’en rends compte, ce qui me permet de palier à ces déficiences.

Pour me jauger et savoir où j’en étais dans mon apprentissage, j’ai décidé de passer le Japanese Language Proficiency Test (JLPT). Comme je ne suis pas guidé comme peut l’être un élève suivant un cursus scolaire prédéfini, il me semblait important de confirmer que je ne faisais pas fausse route. Le JLPT se compose de 5 niveaux que l’on peut passer au choix (pas besoin de passer le niveau 5 pour passer ensuite le niveau 4, le niveau 1 étant le plus difficile). Je me suis donc inscrit à la session du niveau 3, comprenant des tests de kanjis, de grammaire, de vocabulaire, de compréhension de texte et de compréhension orale, le tout sous forme de QCM. Si j’ai échoué de peu avec un score de 86/180, cela m’a tout de même donné une bonne dose de confiance pour ne pas relâcher mes efforts.

Je me suis donc remis à mes livres de grammaire que j’avais empilés avant mon départ, en reprenant tous les exercices avec entrain. J’ai aussi acheté le Manekineko Niveau 2 – Intermédiaire composé de pas mal de textes plus ou moins difficiles. Pas tous les jours facile de retourner à l’école et de faire ses devoirs, mais on s’accroche.

Le web, toujours un bon renfort

J’ai depuis quelques temps perdu mon iPod et donc mon dictionnaire de poche offline ainsi que mes applications pour les kanjis (voir article précédent). Mais grâce à internet j’ai pu trouver certains outils intéressants pour m’aider à la compréhension. Par exemple, lors de la navigation par Firefox, j’utilise le module Rikaichan. Celui-ci me permet de mettre en surbrillance les kanjis que je ne comprends pas et d’avoir une traduction immédiate ainsi que sa lecture donnée en hiraganas. Dans le même genre, j’ai découvert sur le site de la NHK (chaine publique de télévision japonaise) une partie dédiée aux enfants nommée NHK NEWSweb EASY. Sur ce mini-site, 5 news sur divers sujets d’actualité sont rédigées dans un japonais pas trop compliqué, accessible aux enfants en apprentissage pour qui le journal n’est pas adapté. Ils peuvent donc se tenir informés tout en découvrant de nouveaux mots. De plus, le site se permet d’être très didactique en donnant une explication des mots un peu trop compliqués et une lecture audio de l’article. De quoi avoir de la nouvelle matière chaque jour et pour un minimum de temps, les textes étant en général très synthétiques et assez courts.

Pour ce qui est de l’écriture manuelle, je me sers du site j-lyric.net pour recopier des blocs-notes entiers de paroles de chansons. Là encore, une source intarissable de textes nouveaux chaque jour, même si certaines tournures de phrases sont difficiles à comprendre, poésie oblige.

S’amuser tout en apprenant

Les médias que j’utilise ne s’arrêtent pas là, puisque la majeure partie de mes loisirs se fait également en japonais. La musique, mais également les dramas, les films, les émissions de télé, les mangas, les jeux vidéo, les podcasts… les sources sont nombreuses pour étudier en s’amusant. Sans ne jamais me lasser, cela permet un renouvellement constant quant à l’utilisation du japonais. J’ai bien sûr un petit (gros) manque oral que j’essaye de combler avec mes amis ou lors de rencontres fortuites avec des japonais dans mon travail, mais avec ces différents médias, j’accède à un vocabulaire aussi riche que le sont les sujets abordés. Le sport, la cuisine, les voyages, la littérature, les sujets de société… Il y en a pour tous les goûts.

Comme je le disais dans les premières parties, il existe mille et une façons d’apprendre. Il suffit de trouver celle(s) qui nous convien(nen)t. Alors bien sûr, ne plus être baigné dans un environnement 100% japonais a freiné ma progression de manière significative, mais je pense tout de même pleinement pouvoir me débrouiller dans n’importe quelle situation encore aujourd’hui. Mon amour pour cette langue et sa richesse font que j’étudierai certainement jusqu’à la fin de mes jours sans pour autant arriver au même niveau que les japonais. Qu’importe puisque mon but se trouve ailleurs. L’échange culturel, le divertissement, la curiosité d’apprendre encore et toujours sont bien plus précieux.

Voilà qui conclut ma petite expérience dans l’apprentissage en autodidacte. J’espère avoir donné l’envie de se lancer à certains qui hésitaient encore. N’hésitez pas à partager vos expériences dans le domaine, vos astuces, vos problèmes dans les commentaires.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

14 commentaires

  1. Une série d’article tout simplement génial, tu nous mets devant le piège que l’on risque tous de rencontrer (vouloir tout apprendre d’un coup et n’importe comment ^^). Ton article m’a motivé à (enfin) m’y mettre !

    Plus je parcours le site plus je le trouve génial, enfin un site pratique qui nous met devant des difficultés quotidiennes ! 🙂

    Merci encore pour tout, ce site est dans mon marque page et risque fort de devenir l’un de mes favoris 😀

    • Merci à toi Romain. Le site a effectivement pour but d’aider les gens dans les questions qu’ils se posent, ou pourraient se poser. Nous avons rencontré certains problèmes dans la vie courante, dans l’organisation de certaines choses lors de notre départ dans la vie japonaise. Nous espérons donc éviter à ceux qui voudraient tenter l’aventure de tomber dans les mêmes difficultés.

      Ces derniers temps nous sommes un peu pris au niveau de notre emploi du temps, d’où les articles moins fréquents. Nous espérons tout de même rapidement y remédier et vous proposer un contenu toujours plus riche.

      Lire des commentaires comme le tien nous encourage dans la voie que nous avons choisi pour japonpratique. Merci donc de ton soutien.

      N’hésite pas si tu as des questions, des précisions, ou tout simplement à donner des retours de ton apprentissage. 頑張って!

  2. Wow, super série d’articles.
    J’aime beaucoup ton style d’écriture, c’est très fluide et agréable à lire.
    Je me suis reconnue dans plusieurs points de ton récit, et j’ai honte de dire que je n’accorde pas autant de temps à cet apprentissage. T’avoir lu m’encourage à faire plus d’efforts !
    Bravo à toi, et à toute l’équipe de site 😀

    • Merci beaucoup pour ton message de soutien.
      Cet article en particulier a été écrit pour partager mon expérience de l’apprentissage, avec surement un bon nombre de personnes qui se retrouvent dans le même cas que moi/nous. Si ça permet à certains de garder la motivation (pas facile tous les jours, tout le monde est la même enseigne là-dessus), j’en serai le premier ravi.
      Et surtout pas de honte à avoir, l’important est d’y prendre du plaisir avant tout. À chacun son rythme ♪.

  3. Bonjour à toi Rin,

    Tout d’abord, après avoir lu tes articles, ma compagne et moi avons un « regain d’espoir » pour l’apprentissage de cette langue et de cette culture. Car cela fait plusieurs mois que nous essayons de nous renseigner pour débuter ce projet, mais ne trouvons rien.
    Nous aurions une questions à te poser. Un peu comme toi on aimerait aller étudier sur place, seul problème, le financement. Comment as-tu fais? Car ne venant pas d’un milieu aisé, nous ne savons pas financer un tel voyage . Aurais-tu des conseils à ce niveau là?

    • Bonjour Damien. Un beau projet, surtout quand on est accompagné.
      Pour le financement, il n’y a pas vraiment de recette. Oui, ça coûte une blinde de vivre quelques temps au Japon. J’ai eu la chance de pouvoir être hébergé par mes parents avant de partir, et donc de pouvoir mettre l’argent de mon travail de côté pour une bonne partie et ce, pendant plus d’un an. Pas facile de calculer un budget pour un voyage aussi long, mais pour te donner une idée, j’ai dû dépenser environ 15000€ sur toute l’année, voyage, hébergement, nourriture, transports, petites sorties, restaurants, dépenses courantes…

      Pour ce qui est des astuces, on peut facilement rogner sur certaines choses comme arpenter les 100¥ Shop (tout à 1€), marcher quelques kilomètres pour éviter le train à chaque déplacement, bien penser à l’emplacement de son hébergement (si on en trouve un pas cher en pensant que c’est une affaire, et qu’il est situé à 2h de train de lieux souvent visités, ça fait vitre TRÈS mal au portefeuille), aimer la nourriture instantanée, ne pas être trop fêtard, ne pas fumer…
      Pour étudier, on peut assez aisément trouver des personnes avec qui échanger au lieu de payer une école, même si c’est surement moins probant selon la méthodologie de chacun (il faut tomber sur la bonne personne, ce qui a été mon cas).
      Après je n’ai pas encore trouvé la méthode pour être riche et dépenser sans compter, malheureusement. Mais sachez qu’il vaut mieux partir 4 mois et vraiment profiter que partir un an et galérer chaque jour pour savoir si on ne va pas trop dépasser dans la semaine.
      Partez une fois prêts en tout cas, qu’il n’y ait pas de regrets.

  4. Bonsoir Rin,

    Merci pour cette série d’articles très intéressante ! Ca ne fait confirmer qu’il faut que je m’y mette ! Je me donne à peu près deux ans (à savoir le temps de mon BTS Tourisme) pour apprendre – en parallèle de mon perfectionnement en Chinois – cette magnifique langue qu’est le Japonais. D’après ce que j’ai pu lire, c’est assez complexe de choisir ses outils pour commencer… Et donc j’aimerais bien que tu me dises quelles outils seraient le mieux côté écrits (avec tout les noms de manuels et sites que tu as donné je me suis senti perdu, oui je suis chiant ^^).
    Si je pouvais commencé pendant mes vacances qui finissent en Octobre, ça me ferait de la marge et de la tranquillité. Merci d’avance !

    • Bonsoir Nico. Merci pour vos encouragements!

      Concernant l’apprentissage, c’est vrai qu’il est difficile de se lancer. Pour éviter de trop se perdre, il faut éviter d’avoir 40 manuels qui nous rabâchent la même chose avec des méthodes différentes, c’est un bon moyen de se perdre.
      Le Neko no Te des éditions Ellipse est vraiment pas mal pour apprendre les bases de la grammaire avec beaucoup d’exercices. Et comme c’était très satisfaisant, j’ai continué avec leurs manuels Manekineko vol. 1 et vol.2 (plus chaud celui-ci concernant le niveau à avoir). Pour les kanjis, leur Kanji Kakitai est une bonne référence. Il y en a surement tout plein (les Assimil par exemple) qui fonctionnent aussi bien, mais il faut choisir. Évitez surtout les bouquins des éditions Nathan, ils sont bourrés de fautes et d’approximations.

      Après comme déjà dit dans mes articles, il ne faut pas hésiter à lire beaucoup (mangas, jeux vidéo…) et à écrire des lignes et des lignes pour que ça rentre. Mais je pense que vous savez à quoi vous en tenir vu que vous apprenez déjà les symboles chinois. Pour les kanjis simples vous verrez d’ailleurs pas mal de similitudes, de clés très proches ou même exactement identiques. normal vu que les kanjis sont nés des écritures chinoises. D’ailleurs je vous souhaite bon courage pour ne pas mélanger le tout, et concilier ces deux langues assez (très) difficiles.

      • Merci Rin pour votre réponse ! Pas besoin de me vouvoyer ^^ Je pense que je vais suivre vos conseils et tenir le coup comme j’ai réussi à tenir pour le chinois ! Et puis après m’en être sorti avec le japonais et avoir approfondi le chinois, je continuerai sur ma lancée en ajoutant le coréen ! Objectif : Asie, avec pour objectif principal LE JAPON !

        Arigato gozaimasu Rin-sama !

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