Kimi no Na ha, parfait pour terminer l’année

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10 Parfait

SHINKAI Makoto nous livre avec "Kimi no Na ha" là un film poétique, comique, mélancolique, et plein d'autres mots en ...ique, tous positifs bien sûr. Ou encore en un mot, parfait. Que ce soit sa réalisation artistique, sa composante musicale, son récit ingénieusement soutenu par sa mise en scène, Your Name est sans conteste le film 2016, et bien plus encore.

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« Kimi no Na ha » est d’ores et déjà le plus gros succès cinématographique japonais de cette année. Alors qu’il s’apprête à sortir en France en cette fin d’année, j’espère vous donner envie de voir mon coup de cœur de l’année.

Zenzenzen, soyons Zen

kimi no na haÇa fait un bon moment que j’entends parler de  » Kimi no Na ha » (« Quel est ton nom ? ») avec la publicité qui tourne en boucle, RADWIMPS qui passe dans toutes les émissions musicales avec le thème « 前前前世 » « Zenzenzen Se » balancé dès la moindre allusion au film (ou même parfois sans aucun rapport, juste pour habiller un sujet quelconque). Le film est sorti au Japon fin août, mais n’ayant pas pu aller le voir, je m’étais fait une raison. D’autant que malgré le battage médiatique fait autour de l’animé de SHINKAI Makoto, je n’y avais finalement pas prêté plus attention que ça, avec une très (très) vague idée du sujet abordé. Quelle ne fut pas ma surprise de le voir encore disponible en salle milieu décembre, plus de trois mois après sa sortie. J’ai donc pu profiter d’un emploi du temps favorable pour visionner, ce que je ne savais pas encore, mon film de 2016.


 

Le film ouvre sur un magnifique ciel étoilé, traversé par une météorite qui doit frôler la Terre dans quelques jours. Mitsuha vit dans la petite bourgade d’Itomori avec sa grand-mère et sa petite sœur Yotsuha dans le temple de la ville. Pas ravie d’habiter en pleine campagne avec un père maire de la ville obnubilé par son travail et une mère décédée il y a peu, la lycéenne ne rêve que d’une chose, déménager à Tôkyo. Quand elle se réveille un matin dans la peau d’un garçon de son âge habitant la grande ville, elle pense d’abord à un rêve. Mais alors que ces rêves se répètent à intervalles réguliers, elle doit se rendre compte de l’évidence : ce phénomène est réel. De son côté, Taki, le lycéen Tokyoïte habitant seul avec son père subit les mêmes déboires en se retrouvant dans le corps de la jeune fille. Chacun vivra la journée de l’autre avec tous les quiproquos que cela peut engendrer avec leur entourage de par leur comportement complètement différent, en se demandant chaque matin s’ils se sont réveillés dans leur propre corps ou dans celui de cet(te) inconnu(e).

Je m’arrête là pour le synopsis pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, d’autant que pour une fois la bande-annonce a le bon goût de ne pas dévoiler toute l’intrigue (et quelle intrigue !!).

Classique, mais bien fait

Encore des sauts dimensionnels, dans le temps ou l’espace, avec des jeunes lycéens japonais. Bof, on a vu ça dix mille fois. Ce n’est pas faux, mais « Your Name » (titre pour son exportation en Occident) le fait avec brio. La narration est parfaitement maitrisée, et si on se sent parfois perdu (autant que les protagonistes), on raccroche vite les wagons. Avec les voyages incessants des deux acteurs et des vies différentes auxquelles ils sont astreints pendant une journée complète, on en découvre beaucoup sur leur personnalité, surtout grâce au regard porté par leurs proches. Leur nature opposée ne sera d’ailleurs pas sans conséquences dans leur quotidien propre ou avec leurs relations.

Pour la seconde moitié du film, ça part complètement en vrille. Impossible d’en parler sans trop en dévoiler, je m’arrête donc là concernant le scénario. Sachez juste que si la première partie est assez légère et pleine d’humour, la seconde est totalement différente du fait de la tension engendrée par le twist.

Ce soir, spectacle de sons et lumières

Le scénario de SHINKAI Makoto est une franche réussite, mais il n’explique pas à lui-seul la réussite de « Kimi no Na ha ». Il faut également une réalisation aussi bien visuelle que sonore à la hauteur. Et c’est à mon avis ici que le film gagne ses galons d’objet culte.

La bande-son tout d’abord a été composée intégralement par le groupe RADWIMPS. Plutôt original comme choix puisque le groupe de rock n’a pas vraiment l’habitude de travailler pour le cinéma. Pourtant ça fonctionne très bien, aussi bien pour les chansons (dans leur registre classique) que dans les thèmes d’ambiance et mélodiques. Je ne connais pas bien le groupe, mais j’ai été conquis par leur style très proche de Bump of Chicken. Leur univers colle parfaitement au long-métrage et à sa mise en scène.

Mais que dire de la patte graphique. Je suis tombé totalement amoureux de la petite ville d’Itomori enclavée dans une montagne, et de ses environs bordés d’un lac. S’il s’agit là d’un lieu imaginaire, il est comme la plupart des lieux créé à partir de choses existantes, en l’occurrence la ville de Hida dans le département de Gifu (pour son allure générale, son relief). Chaque endroit de l’anime a été dessiné avec justesse dans un niveau de détails assez fou, comme par exemple l’école du Tôkyoïte qui a eu pour modèle le lycée de Motomachi à Hiroshima. « Kimi no Na ha » est tout simplement le meilleur film pour convaincre quiconque de venir jouer les touristes au Japon. Et je ne parle pas de la capitale qui, sans être réaliste (le style de dessin apportant un gros plus par rapport au rendu d’un film live), est une copie conforme de la Tôkyo. Il suffit de se balader quelques temps à Shinjuku pour reconnaître d’un coup d’œil les coins mythiques du quartier dans lequel évolue Taki.

galerie comparative des lieux du dessin animé avec le « vrai » Japon

J’ai beau chercher, je ne vois aucun défaut à ce film. Tout est réussi, de son contenu à l’enrobage qui en met plein les yeux et les oreilles, ses personnages tellement normaux mais tellement attachants, son rythme… Ce film prend aux tripes, et on n’en ressort pas indemne. Et vu qu’il est à ce jour le 5ème plus gros succès de tous les temps au box-office japonais (passant même devant Princesse Mononoke du studio Ghibli), je pense ne pas être le seul.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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