KISARAGI, le huis clos à la japonaise

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Kisaragi est assez étrange au premier abord. Puis on tombe peu à peu sous le charme des 5 acteurs qui mènent l'enquête la plus improbable du cinéma, pour un final à la hauteur. Complètement fou ou génial (ou les deux), il redéfinit le genre du "huis clos policier" avec panache.

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KISARAGI est un OVNI cinématographique. Entre le polar, le huis clos, la comédie et le « grand n’importe quoi », ce film sorti en 2007 est une petite perle.

Là où tout commence, et où tout se termine

kisaragi 5KISARAGI Miki est une idole à succès. Mais son suicide inexplicable est vécu comme une terrible épreuve pour ses fans, qui ne comprennent pas son geste. Un an après cette triste date, 5 de ses plus grands fans se rencontrent pour la première fois quand l’un d’eux organise un meeting de commémoration par internet. Mais en partageant avec les autres leur vie de fan et leur accointance plus ou moins lointaine qu’ils ont pu avoir avec l’idole, ils découvrent peu à peu que ce suicide plutôt suspect cache peut-être un lourd secret. Ils vont donc aller de déductions en déductions, de théories en supputations pour démasquer le véritable coupable. Mais peut-être est-ce l’un d’entre eux…

bande-annonce de KISARAGI (en japonais)

De la fan-attitude au fanatisme

kisaragi 1KISARAGI (キサラギ) est tout d’abord une pièce de théâtre qui a vu le jour en 2003. La pièce originelle ne se passant QUE dans l’appartement où est organisée la réunion, il en est de même pour le film. Alors comment enquêter et trouver la réponse sans sortir de cet enclos ? Et bien en balançant à tout va des suppositions, en enchainant les déductions et les accusations, en étant en perpétuelle réaction face aux dires des différents Sherlock en herbe, et tout ça sans avoir le moindre début de preuve, hormis leur panoplie de goodies et autres souvenirs hérités de la défunte. Et c’est là tout le problème, mais aussi ce qui fait tout le sel lors des échanges entre les 5 personnages. Alors qu’ils ne comptent globalement que sur leur mémoire, défaillante et biaisée par leur regard de fanatique (le mot prenant son sens réel ici), pour élucider un mystère de plus en plus épais, ils partent chacun de leur côté sur des thèses complètement farfelues. Démêler le vrai du faux devient un véritable jeu pour le téléspectateur, qui dans l’ombre mène sa propre enquête jusqu’à la délivrance de pouvoir vérifier ses idées en fin de parcours.

Le Club des 5 mène l’enquête

kisaragi 4Mais si le dénouement est des plus intéressants, c’est surtout le chemin qui vaut le coup d’œil. Huis clos oblige, on reste enfermé dans cet appartement, et on ne voyage que grâce aux histoires d’Iemoto, Yasuo, Ichigo, Snake et Yuji. Nos 5 compères nous entrainent dans leurs délires, et nous emportent dans cet humour absurde auquel on adhère sans trop savoir pourquoi ni comment. Car ces 5 là semblent très sérieux dans tout ce qu’ils racontent, et totalement habités par leur amour pour KISARAGI. C’en est même touchant de naïveté, et peut-être même un peu flippant quand on regarde à quel point le fanatisme peut aller loin. Un genre de « Confessions Intimes » japonais ^^.

« Pathétique, mais drôle »

Le film reposant de ce fait à 90% sur ses personnages, il fallait choisir les acteurs adéquats pour jouer ces 5 simples d’esprits. Et là, coup de génie ! Car si TSUKAJI Muga et dans une moindre mesure KAGAWA Teruyuki peuvent tout à fait avoir le profil de par leurs différents rôles passés et récents, les producteurs sont aussi allés chercher des acteurs plus connus pour dégager un certain charisme et jouer les « beaux gosses ténébreux » pour interpréter des mecs pas franchement brillants. Voir OGURI Shun, KOIDE Keisuke et SANTAMARIA Yusuke en fans transits d’amour et détruits par la perte d’un être somme toute virtuel est assez drôle. Pathétique, mais drôle. Grâce à ce décalage constant entre la gravité du propos et la dinguerie des acteurs emportés par leur folie, on rit de bon cœur. Et puis cette danse qu’ils nous sortent sur la musique et la chorégraphie de leur idole alors qu’ils sont parés de leur costume de salaryman, mon Dieu, je ne m’en remettrai jamais XD. Rien que pour cette scène culte, ce film mérite le coup d’œil.

Si on ne sait pas toujours où ce « club des 5 » nous entraine, on suit cette enquête avec plaisir, on les accompagne jusqu’au bout et même après le générique pour découvrir la vérité. KISARAGI ne sortira jamais du Japon je pense, mais si vous avez l’occasion de le voir un jour, jetez-vous dessus !

kisaragi 3

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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