Les Mangas

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Le manga est plus qu’un produit culturel au Japon, c’est un objet de la vie courante. Alors qu’on peut n’y voir qu’une bande-dessinée de petit format et même pas en couleur en comparaison de nos BD européennes ou des comics américains, les mangas sont d’une importance capitale qui dépassent largement l’univers de la littérature.

Définition du manga

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Weekly Shōnen Jump

Le manga (漫画, littéralement « image divertissante ») est par définition le nom que l’on donne aux bandes-dessinées japonaises. Chaque chapitre est tout d’abord publié dans un des nombreux magazines hebdomadaires ou mensuels comme Weekly Shōnen Jump, Big Comic, Ciao, Jump Square, Weekly Shōnen Magazine…. Je pourrais en lister des centaines. Tant que le succès est au rendez-vous avec des lecteurs qui plébiscitent la série, celle-ci se poursuit, comme pour nos séries télévisées pour prendre une analogie. Une fois un nombre de chapitres suffisants, ils sont vendus reliés avec environ 8 chapitres par livre. Ils sont surtout connus par cette forme dans le reste du monde. Il peut y avoir des « one shot », c’est-à-dire un seul livre pour une histoire complète, ou cela peut se poursuivre encore et encore, certaines séries dépassant largement les 100 mangas reliés grâce à une publication longue de plus de 25 ans.

Les mangas sont principalement en noir et blanc, avec un format qui donne à la lecture un rythme très élevé. Il est rare de s’attarder plus de 5 secondes sur une planche, ce qui donne une fluidité extrême au récit. Chaque dessin se veut concis, dynamique, sans forcément entrer dans le détail, même s’il existe des exceptions. Les techniques utilisées (dessins au crayon, mise au propre à l’encre de Chine, système de trames pour donner de la « couleur » et du « mouvement » aux planches) sont effectuées par les artistes et leur(s) assistant(s) avec toujours la pression énorme de la date de publication.

Le manga pour tous

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Regardez le strip en partant de la droite – What’s Michael (« Arrête, voleur!! Espèce de chat-voleur, je vais t’attraper!! »)

Chaque année il sort des milliers de mangas au Japon. Il y en a donc pour tous les publics, toutes les tranches d’âges, tous les goûts. Ils sont d’ailleurs classés par catégories, même s’il n’est bien sûr pas interdit d’aller voir ailleurs si vous avez d’autres envies. Les grandes catégories sont les shōnens pour les garçons adolescents, les shōjos pour les filles adolescentes, les seinens pour les jeunes hommes, les joseis pour les jeunes femmes…. Le terme de la catégorie signifie d’ailleurs la cible à laquelle il s’adresse. Il y a bien évidemment des sous-catégories par dizaines pour plus de précision dans ses choix (humour, policier, historique, dramatique, romance, érotique, aventure, familial…), de quoi se perdre facilement.

Vous avez donc une offre pléthorique en ce qui concerne le genre, mais aussi le sujet. Les plus courants sont les mangas d’aventures, d’action, de sport, dans le milieu scolaire, d’enquêtes… Mais il existe de nombreux domaines explorés comme la cuisine, le jeu de Go, la plongée sous-marine, les animaux, l’armée, l’Ère des Samourais, la chanson, la botanique…. Comme pour les dramas, il existe un ou des mangas pour chaque thème, ce qui n’est pas un hasard.

L’omniprésence des mangas dans la culture japonaise

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Shōkōjo Seira (Princesse Sarah)

La foultitude des publications et de leurs thématiques est une source d’inspiration inépuisable pour les autres univers de la vie courante comme la télévision par exemple. Nombreux sont celles connaissant une adaptation en dessin animé que l’on appelle « anime ». Les animes qui ont un certain succès peuvent donc être des miniséries, mais peuvent aussi s’étaler sur des centaines d’épisodes de 25 minutes en prenant des libertés plus ou moins prononcées. Il peut y avoir des pans entiers de l’anime qui n’existent pas dans le manga. Ces rajouts servent surtout à « attendre » la suite, qui prend bien plus de temps à paraître. Bon nombre de dramas sont aussi des adaptations de mangas, tout comme, dans une moindre mesure, les jeux vidéo (qui sont des dérivés des animes plus que des mangas en eux-mêmes). Le monde de la musique arrive à s’y joindre, en fournissant des génériques qui sont pour la plupart des singles à venir d’artistes reconnus ou en devenir.

Le Japon étant un terrain de jeu complètement envahi par la publicité, les différentes licences sont aussi un bon vecteur pour faire passer la communication. Ne vous étonnez donc pas si un de vos héros préférés se retrouve apposé à une canette dans un distributeur automatique, ou qu’un personnage célèbre devienne la mascotte d’une marque de voitures. Les produits dérivés comme les jeux de carte, les figurines, les jouets ou les accessoires vestimentaires sont bien sûr légion et profitent autant à la renommée d’une licence qu’aux différentes entreprises qui les utilisent à foison.

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Produits dérivés de Dragon Ball

Mais il n’y pas que sur le « business » que le manga prend de l’importance, il sert également au développement culturel du pays tout entier. Par exemple, le Japon est une nation forte dans le volley-ball féminin. Cette réussite est due en grande partie au succès des mangas que sont Attack No1 et Attacker You (« Jeanne et Serge » en France) traitant du volley. Les petites filles qui se sont mises au volley-ball pour ressembler à leurs héroïnes ont maintenant grandi et sont pour certaines devenues de grandes joueuses. C’est la même chose pour le football où la génération « Captain Tsubasa » (« Olive et Tom » en France) a réussi à exister pendant les dernières Coupes du Monde de football et où certains joueurs sont reconnus mondialement.

Le Japon se sert surtout du manga et de ses dérivés pour exporter sa culture à travers le monde entier. En 2002 est même né le mouvement « Cool Japan » qui regroupe les mangas, les animes, la mode, la musique, le cinéma, l’électronique, la cuisine et qui est soutenu par le gouvernement (organisation d’évènements, d’expositions, de concours… à travers le monde entier).

SI vous ne vous êtes pas encore intéressé au phénomène manga, il est toujours temps de s’y mettre. N’hésitez pas à franchir le pas et à feuilleter en magasin (comme un vrai japonais) ou même à lire quelques passages d’un livre qui vous aura attiré par sa couverture. L’offre en France est suffisamment pléthorique pour que vous trouviez le ou les mangas qui vous correspondront. De quoi débuter une nouvelle passion ♪.

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Dai no Daibouken (Fly)

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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