Mimi wo Sumaseba

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9 Immanquable

Les studios Ghibli signent encore une fois un grand film avec Mimi wo Sumaseba, en y adjoignant tous les ingrédients qui ont fait leur renommée depuis des années. Pétri de bons sentiments sans trop en faire, ce film nous ravit à chaque instant par sa tendresse et sa fraîcheur.

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Mimi wo Sumaseba (耳をすませば ou « Si Tu Tends l’Oreille » pour une traduction littérale) des Studios Ghibli n’est jamais sorti de son pays d’origine. Quand on voit la qualité de ce film, on se demande bien pourquoi l’avoir gardé « secret » aux yeux du monde.

Un dernier cadeau

mimi wo sumaseba 7Sorti en 1995 au Japon, on pourrait considérer Mimi wo Sumaseba comme le testament légué par le regretté KONDO Yoshifumi. En effet, celui qui était attendu comme le successeur attitré du maître MIYAZAKI Hayao est malheureusement décédé 3 ans après la sortie de ce qui restera son unique réalisation. MIYAZAKI a d’ailleurs pris sa retraite à la suite de cette mort causée par rupture d’anévrisme, même s’il a par la suite repris ses activités pour réaliser Le Voyage de Chihiro et autres quelques années plus tard. KONDO en était donc à son premier film en temps que chef de projet, mais il avait déjà pu officier à différents postes sur plusieurs films de la firme comme par exemple Le Tombeau des Lucioles, Kiki la Petite Sorcière, Porco Rosso… Et cela se ressent.

Qui suis-je, où vais-je…

mimi wo sumaseba 5Car avec tout le savoir-faire de Ghibli, Mimi wo Sumaseba nous conte la rencontre de deux jeunes lycéens, Shizuku et Seiji. Shizuku est une jeune fille rêveuse, douée pour la poésie et les arts littéraires, mais sans réelle ambition. Elle passe donc son temps à lire des livres empruntés à la bibliothèque de son école ou de sa ville. Lorsqu’elle remarque sur la liste des emprunts que toutes ses lectures sont aussi celles un garçon qu’elle ne connait pas, elle se met en quête de le rencontrer.

Seiji est ce garçon. Lui sait que sa vie sera consacrée au métier de luthier, et a même déjà prévu son départ rapide en Italie pour étudier la fabrication des violons auprès des meilleurs spécialistes. Si les recherches de Shizuku paraissent infructueuses au départ, sa rencontre « par hasard » avec Seiji dans le magasin d’antiquités tenu par le grand-père de celui-ci scellera leur destin. Dès lors, elle se décide à se prendre en main et, commence l’écriture d’un roman sous l’influence de Seiji, parti étudier pendant quelques mois à Crémone. Mais sa nouvelle passion la poussera à négliger ses études, sa famille qui s’inquiète de son renfermement et de ses baisses de résultats, ou encore ses amies pour qui elle doit écrire une adaptation de la chanson « Take me Home, Country Roads » devant être interprétée en fin d’année.

Tout en simplicité

mimi wo sumaseba 4À travers le destin de ces deux jeunes gens, Mimi wo Sumaseba traite de la recherche d’identité, tout en mettant en parallèle les premiers émois amoureux de l’adolescence. Des petits tracas de la vie quotidienne aux doutes oppressant qui peuvent subvenir lorsqu’il s’agit de prendre une décision importante, KONDO nous met en image une tranche de vie sincère et pleine de poésie. Adapté du manga éponyme de HIIRAGI Aoi, ce moment inévitable dans la vie de chacun est traité avec simplicité, nous rappelant nos plus ou moins lointains souvenirs d’enfance.

Et quand toute cette route vers l’affirmation de soi est couplée à une aussi jolie histoire d’amour, on ne peut rester de marbre. Avec toute la candeur de leur jeunesse, Seiji et Shizuku se livrent à leurs sentiments sans extravagance, cela réchauffe le cœur. Ici, pas de grosses ficelles éculées pour nous tirer les larmes aux yeux, tout reste sincère et vrai. Peut-être pourra-t-on pinailler en disant que les personnages pris à part ne sont pas assez travaillés et un peu trop « normaux », mais ce sentiment disparait dès lors qu’ils se découvrent l’un l’autre.

Tout ça dans un joli paquet

mimi wo sumaseba 1Et si ce film sans fioritures fonctionne aussi bien, c’est aussi grâce à l’enrobage d’une grande qualité. Les décors d’un Japon authentique et naturel sont de toute beauté, et la bande-son signée NOMI Yuuji parfaite. Une bonne partie de celle-ci est d’ailleurs due à la reprise du tube de John Denver, ce qui donne (pour moi) l’une des plus belles chansons d’un Ghibli, et donc du cinéma. Country Road est tout simplement irrésistible, et sa magie fait qu’une bonne humeur nait et se propage dès les premières notes.

Shizuku, Seiji, et tous les personnages sont également délicieux, et ceux qui ont vu le film Le Royame des Chats du même studio seront ravis de retrouver le Baron et Mouta (qui porte ici le nom de Moon). Voilà des personnages qu’on aimerait rencontrer autrement qu’à travers la télévision.

Mimi wo Sumaseba ne passe pas loin du sans-faute. Il n’aura pas eu sa chance chez nous (il est disponible en import anglais tout de même, sous le titre « Whisper of the Herat ») et paraitra toujours pour un « petit film » à cause de cela. Dommage, car il a pourtant tout d’un grand.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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