La musique japonaise

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La musique japonaise est un mystère pour beaucoup. Cette méconnaissance laisse libre cours aux idées reçues sur la qualité et la diversité de la musique nippone. Mais il suffit de s’en approcher juste un peu pour se rendre compte de la richesse immense de cette fameuse « J-pop ».

Pourquoi cette confidentialité internationale ?

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miwa

Quand on parle de musique japonaise ou par abus de langage de « J-pop » (pour « Japanese pop »), on imagine des filles aux cheveux bleus qui hurlent de leur voix suraigüe des paroles incompréhensibles sur une musique électro fatigante. Ou alors pour les férus de cinéma, des chanteuses en kimono dont la voix très volatile nage au gré des notes délivrées par un shamisen. C’est peut-être une image un peu extrême, je vous l’accorde, d’autant que ces cas de figure existent bel et bien (ce qui n’est en rien péjoratif, des choses de qualité avec ces ingrédients se trouvant facilement), mais pas si loin de la vérité. Le fait que les artistes japonais ne s’exportent pas en Occident y est évidement pour beaucoup. Rares sont les chanteurs à se produire aux États-Unis ou en Europe (ça arrive tout de même, mais il faut vraiment se renseigner), aucune chanson japonaise ne passe en radio ou sur les chaines généralistes de télévision, les disques ne sont trouvables qu’en import, et quand par miracle un label distribue un CD dans nos contrées, il se retrouve consigné dans les rayons mangas/animes des très grands mégastores, dans le petit bac du fond.

« pourquoi prendre le risque d’une aventure à l’étranger quand on vend déjà des centaines de milliers d’exemplaires ? »

Il faut dire que le marché du disque est une industrie faramineuse au Japon, qu’il ne semble pas subir la crise comme c’est le cas par exemple en France. Alors pourquoi prendre le risque d’une aventure à l’étranger quand on vend déjà des centaines de milliers d’exemplaires ? Comme pour le cinéma, les artistes japonais ne ressentent aucun besoin de s’ouvrir à l’international pour réussir. Certains ont tout de même tenté le pari, comme les très grandes stars UTADA Hikaru aux États-Unis ou GACKT en Europe, mais le flop complet a certainement éteint quelques velléités d’exportation pour les autres. Seuls les artistes en devenir se permettent encore des « coups » en remplissant des salles de 100 personnes très ponctuellement.

De la musique pour tous

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B’z

Comme dit plus haut, on associe toujours musique japonaise et « J-pop », ce qui est un raccourci facile. Et pourtant, tout comme pour la musique occidentale, il existe bon nombre de choses intéressantes et plus encore, un univers musical tout à fait hétéroclite dès lors qu’on ose s’en approcher. On trouve comme partout de la pop donc, mais aussi du rock, du rap, du blues, du jazz, de la musique classique, de l’électro, du folk, du metal, de la polka, du reggae, du dancehall, des comptines, de la musique traditionnelle… tout ce qui ce fait ailleurs en somme, mais en japonais.

Bien sûr vous allez me dire : « pourquoi écouter de la musique japonaise si c’est la même chose ? ». Et bien parce qu’ils ont une véritable identité. La langue y est évidemment pour beaucoup (on n’entend pas si souvent du japonais), avec une langue très chantante, très fluide. L’autre force de la musique nippone est de privilégier grandement les mélodies, là où on est plus concernés par les paroles dans la chanson française. Bien que l’on ne comprenne pas grand-chose (comme pour la plupart des tubes américains donc ^^), on est transporté par les airs enjoués, tristes, frais, mélancoliques, énergiques, paisibles délivrés par les instruments. Il n’est pas rare de retrouver tous ces sentiments au sein de la même chanson d’ailleurs, une autre spécialité japonaise.

« explorez par vous-même ce trésor qu’est la musique japonaise »

Difficile de représenter totalement un univers aussi varié et riche en quelques exemples. En voici tout de même un tout petit échantillon avec des artistes au style très différent. Vous trouverez régulièrement sur japonpratique.com une présentation de chanteurs, chanteuses, et groupes d’horizons différents, tout en vous invitant à explorer par vous-même ce trésor qu’est la musique japonaise.

UEMA Ayano – Koe Naki Inochi (variété/enka)

BUMP OF CHICKEN – Sharin no Uta (pop/rock)

AKB48 – Koi Suru FORTUNE COOKIE (pop)

Shonan no Kaze – Suirenka (ragga/dancehall)

KOMINAMI Yasuha – Zen’Aku no Higan (alternative rock)

Ici et nulle part ailleurs

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Music Station Superlive (émission spéciale pour Noël)

Pour parler un peu de l’univers de l’industrie musicale, au-delà des chansons, ce microcosme possède de grosses spécificités. Tout d’abord leur rythme de travail qui est assez soutenu. En France, un artiste qui sort un album tous les 3 ou 4 ans nous parait productif. Mais au Japon, ils sortent un album tous les ans ou tous les 2 ans au pire, avec une fournée de singles dont les faces B restent inédites, non présentes sur les albums. Ces singles comportent d’ailleurs en général les versions instrumentales des titres, pour s’entrainer avant les soirées au karaoké par exemple, ou pour mettre en valeur la mélodie tout simplement. À la télévision, les émissions musicales sont également très nombreuses, comme Music Station, Music Japan, CDTV, Music Fair, premium MelodiX, Music Fighter, ou encore les grandes soirées du Nouvel An comme le Kokuhaku Utagassen (avec toujours les paroles d’affichées pour pouvoir chanter en même temps). Cette surexposition s’explique par deux choses: la nécessité de rester visible aux yeux du public pour durer face à une telle abondance de chanteurs, et le fait que les artistes soient en grande partie des salariés des labels pour lesquels ils travaillent et qui dictent leur calendrier.

Il est aussi habituel d’attacher chaque film, chaque drama, chaque anime et même certains jeux vidéo à une ou plusieurs chansons choisies pour l’occasion. Celles-ci ne sont pas spécialement créées pour le média qui l’utilise contrairement à la manière occidentale, mais font plutôt partie d’une alliance entre les différents univers, ce qui profite à tous en termes de popularité. D’ailleurs un certain nombre d’artistes japonais cumulent les activités en suivant en parallèle une carrière d’acteur, de présentateur de télévision, de mannequin, sans oublier la publicité évidemment. Ces artistes sont plutôt catégorisés (si ce mot a un sens au Japon) en tant que « talento » – dérivé du mot « talent » – et leurs chansons sont très souvent utilisées dans le film ou la série auxquels ils participent.

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SCANDAL

Et comment ne pas parler des girls bands / boys bands. Alors que le phénomène n’a pas vécu très longtemps par chez nous, c’est un pan complet de la culture japonaise qu’il  ne faut surtout pas occulter. Une grande partie des groupes tels que les AKB48, ARASHI, Morning Musume, SMAP, Berryz Koubou, KAT-TUN, Momoiro Clover Z… sont composés de talentos qui appartiennent à une « sous-catégorie » que l’on appelle des idols. Ils sont jeunes, beaux, chantent, dansent, jouent la comédie, et donc très populaires auprès des enfants et des adolescents (et même plus, le public grandissant en même temps que les artistes sur des périodes se comptant parfois en dizaines d’années). De véritables modèles à suivre.

N’hésitez pas à venir partager vos coups de cœur, votre passion pour un artiste ou vos conseils sur un genre musical dans les commentaires.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

5 commentaires

  1. Je ne vais pas conseiller un genre musical en particulier mais aller dans le même sens que RIN : ne pas confondre musique japonaise et j-pop. Pour ceci, ne vous cantonnez pas aux artistes commerciaux classiques : savez-vous qu’il existe de très nombreux labels diffusant quantité d’artistes japonais en Common Licence c’est-à-dire en écoute et streaming gratuits et légaux ? (attention quand même aux restrictions imposées par la licence Creative Commons). Parmi eux : Mimi (label basé au Portugal diffusant des artistes portugais et japonais), Sayonara Records, Kai, Bunkai-Kei Records, Mizukage Records …

    On peut aussi citer des sites communautaires par lesquels les artistes font leur autopromotion comme Muzie et Jamendo.

    Plus d’info sur les différents labels et albums disponibles : http://www.lejapon.org/forum/threads/11547-Artistes-Japonais-en-Common-License

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