Sadako 3D

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Sadako 3D est donc de retour mais pas de la meilleure des façons. Plus une attraction à voir au cinéma (donc pas en France) pour espérer sentir quelques frayeurs, il perd tout intérêt cinématographique une fois installé dans son salon. Pas vraiment pétrifiant, pas vraiment passionnant, il ne mérite donc pas vraiment qu'on s'y attarde. Après tout ce qu'elle a subi, Sadako ne méritait pas un tel traitement.

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Sadako 3D signe la résurrection de la vengeresse aux cheveux longs. Sadako revient plus méchante que jamais pour nous coller la chair de poule. Mais elle aurait peut-être mieux fait de rester dans son puits…

 

Une véritable star

Sadako 3D 5Adapté du roman à succès de SUZUKI Koji, Ring fait partie avec Ju-on, Kairo ou encore La Mort en Ligne de ces séries nées à la fin des années 90 qui ont donné une renommée internationale aux films d’horreur japonais. Loin des slashers américains où on découpe du zombie par douzaines, ces films misent tout sur une ambiance oppressante, une atmosphère lourde, où la suggestion d’un danger tapi au fond du placard provoque une peur bien plus efficace que le fait de voir des litres d’hémoglobine. Dans la saga Ring réalisée par NAKATA Hideo, cette terreur prend la forme de Sadako, une jeune fille persécutée et enfermée vivante dans un puits jusqu’à sa mort. Des années plus tard, une légende urbaine raconte qu’après avoir regardé une certaine cassette vidéo (les jeunes connaissent cet objet ?), on reçoit un appel téléphonique nous annonçant notre mort 7 jours plus tard. Et effectivement, une semaine après, le téléspectateur voit âme emportée par cette fille sortant de son puits et traversant l’écran de télévision le plus proche, mourant avec une expression d’effroi extrême sur le visage. Pour s’en sortir, la seule solution est de copier cette cassette et de la transmettre, ce qui a pour effet de multiplier les victimes.

Après deux films et une préquelle de bonne facture sortis entre 1998 et 2000, Sadako nous revient en 2012 alors que l’histoire semblait scellée et définitivement enterrée. Ce personnage est devenu une image forte de l’horreur au travers des années, et est maintenant totalement intégrée à la culture japonaise au même titre que Godzilla ou les Tengus par exemple, rien d’étonnant de continuer à l’exploiter.

On repart de zéro, ou presque

Sadako 3D 4Se détachant de la série originale Ring, la nouvelle saga réalisée par HANABUSA Tsutomu (car il y aura une série de films, 2 étant pour le moment disponibles mais seulement en Asie) pose de nouvelles bases et de nouveaux codes pour son personnage, tout en gardant bien sûr son image intacte.

Un homme et une lycéenne sont retrouvés morts à quelques jours d’intervalle pour ce qui semble être deux suicides distincts. Mais juste avant de mourir, ils ont regardé une vidéo sur le téléphone. La meilleure amie de la lycéenne défunte cherche par tous les moyens cette vidéo qui, elle en est persuadée, a jeté la malédiction sur son amie et causé sa mort. Elle trouve cette vidéo dans laquelle on voit KASHIWADA Seiji (joué par YAMAMOTO Yusuke), un jeune artiste, se pendre en direct. Seule dans la salle informatique de son lycée, elle se fait attaquer par une femme sortant de l’écran (oui, Sadako). C’est alors qu’arrive son professeur AYUKAWA Akane (ISHIHARA Satomi) pour la sauver. Celle-ci a depuis toute petite des pouvoirs de télékinésie (dont elle s’est servie pour sauver sa classe d’un taré étant jeune, et traitée depuis comme un « monstre » la forçant à cacher ses pouvoir) et les révèle pour sauver son élève. Avant de partir, Sadako lui annonce qu’ « elle est l’élue ». Dès lors, Akane n’aura de cesse d’être pourchassée à travers toute la ville sans endroit où se cacher. Elle devra au final affronter sa Némésis et découvrir la vérité.

Ça fait peur…

Sadako 3D 3L’idée de départ est donc séduisante, remettre au goût du jour une célèbre licence avec tous les apports technologiques d’aujourd’hui. Et le film s’appelle Sadako « 3D« , ce qui a son importance. Sadako ayant pour particularité de sortir littéralement de l’écran, l’effet 3D est tout indiqué pour renforcer l’effet artistique de la chose, et donc l’angoisse qu’elle est censée provoquer. Pour les 99% des gens, cela sera anecdotique vu les équipements nécessaires, ou encore l’impossibilité de le voir au cinéma. On s’attardera donc sur le film en lui-même. Et là, ça fait peur.

Car malheureusement, les réalisateurs/scénaristes/producteurs se sont arrêtés à l’idée qu’il suffisait de la technique pour ressusciter le mythe et nous coller une bonne frousse, en forçant cet effet à l’extrême et en misant tout sur la popularité du personnage. La force de Ring premier du nom était la suggestion de l’effroi, l’insinuation lente de l’épouvante prenant progressivement possession de nos sentiments. Mais ici, on a juste droit à une succession de scènes avec du silence entrecoupé de gros « BAM » pour nous faire sursauter un peu (technique américaine que je ne supporte que moyennement). Le danger est trop attendu et trop voyant pour qu’on ait une quelconque peur, Sadako étant trop prévisible et trop mise en avant. Avec son scénario réchauffé et sans surprise (avec tout de même l’ajout de la télékinésie pour l’héroïne, mais dont le propos est totalement déplacé), on se retrouve devant un film qui cherche à faire peur sans y parvenir. ISHIHARA Satomi a beau être une bonne actrice, elle se débat toute seule à travers ce film qui nous lasse plus qu’il nous tient. Au passage, HASHIMOTO Ai qui est l’actrice choisie pour Sadako est un peu trop « mignonne » pour coller les miquettes, même quand elle nous regarde méchamment.

S’ils ont mis quelques moyens pour se faire plaisir avec la perspective, ça reste un film banal qu’on oublie une fois la télé éteinte, sans le sentiment qu’elle va se rallumer pour voir un fantôme chevelu nous emporter vers l’Enfer. Après avoir vu cela, Sadako va peut-être trouver de nouvelles cibles pour assouvir sa vengeance.

Sadako 3D 2

Bande-annonce officielle (en japonais)

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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