Shōkōjo Seira, notre Princesses Sarah en chair et en os

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7 Très bon

Bien fait, bien interprété, Shōkōjo Seira rend tout à fait honneur au combat de la Petite Princesse. D'une cruauté difficile à encaisser, on s'accroche pourtant jusqu'au bout dans l'espoir de voir à nouveau le sourire de Sarah.

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Shōkōjo Seira (小公女セイラ) est un dessin animé très connu en France sous le nom de Princesse Sarah. Comme beaucoup d’autres animes et mangas, il a également eu droit à son adaptation en drama live. De quoi raviver de douloureux souvenirs…

La descente aux Enfers

shokojo seira 2À la base, « La Petite Princesse » est un roman écrit en 1888 par Frances Hodgson Burnett. Seira est la fille d’un riche héritier anglais qui vit en Inde avec son père. Retournant seule en Angleterre pour y poursuivre ses études, elle est vite intronisée reine de son pensionnat réservé aux filles grâce à sa gentillesse, sa simplicité, et ses excellents résultats. La jeune fille parfaite en somme. Mais quand son père, qui était resté en Inde pour continuer son business, meurt d’une maladie tropicale, elle se retrouve orpheline et sans le sou. La directrice de l’école décide tout de même de la garder comme bonne à tout faire, même si elle a pour Seira une rancœur tenace aux raisons obscures.

Seira qui est maintenant la servante de cette école et des ses anciennes camarades, voit son image changer du jour au lendemain auprès de ces dernières. Elle devient le souffre-douleur, la cible des mauvaises blagues et des quolibets. Même si elle peut compter sur le soutien de quelques amies encore fidèles, son existence idyllique d’hier se transforme peu à peu en cauchemar.

J’ai mal au cœur

shokojo seira 4Le dessin animé se déroulait aussi en Angleterre comme dans le roman d’origine. Mais pour plus de commodité, ce drama sorti en 2009 a été transposé au Japon pour profiter des lieux et des acteurs nippons. Pour le reste, l’adaptation est plutôt fidèle, et accouche alors d’une série d’ijime pur, c’est-à-dire une série où un ou plusieurs élèves se retrouvent brimés et maltraités. Thème assez classique au Japon (où ces cas de persécutions scolaires ne sont pas si rares, sans toutefois tomber dans la généralisation), il est ici présenté dans un lieu original avec cette petite pension de filles appartenant toutes à de riches familles. Le téléspectateur se transforme en témoin de cet enfer vécu par Seira, et là, c’est le drame. Car toute la peine de la demoiselle nous rend triste, nous emplit de compassion pour elle, et nous met en colère pour tout ce qui lui arrive (« c’est vraiment trop injuste » comme dirait un poussin célèbre). Pleine de courage, elle essaye de lutter et de s’accrocher à la moindre parcelle d’espoir qui peut naître d’une attention, d’un sourire, d’un soutien même léger. Mais dès la seconde suivante, tout est balayé sans ménagement, et notre cœur avec. Ces sentiments douloureux sont décuplés par notre condition d’impuissance face à toute cette méchanceté. Non, Princesse Sarah ne mérite pas tout ça.

L’anime de Shōkōjo Seira qui était diffusé au départ au Club Dorothée était déjà poignant, mais le fait de transposer cette histoire « en vrai », avec des acteurs réels, renforce encore plus notre angoisse sur le destin de la demoiselle. J’avoue avoir eu du mal à lancer la suite après avoir subi un épisode, pour me couper de toute cette cruauté malsaine. Je finissais par ne plus prendre de plaisir à regarder… sauf lors de l’épisode final qui sonne comme une délivrance.

She’s alive!

shokojo seira 3Le travail fait sur le casting est d’ailleurs remarquable. Les actrices ont vraiment été choisies avec soin pour faire naître en nous tous ces sentiments assez lourds. En tête évidemment, SHIDA Mirai que j’avais découverte pleine de vie et d’entrain dans Seigi no Mikata (elle subit les frasques de sa sœur, mais c’est toujours drôle). Si c’est également le cas au tout début de la série, son enthousiasme disparait rapidement pour nous emporter dans son malheur. On se mettrait presque à l’encourager à travers la télé tellement elle semble au bord du gouffre. Et tout ça causé par la directrice (dont le rôle est tenu par HIGUCHI Kanako) et bien sûr toutes ces chipies (pour rester poli) qui constituent ses anciennes « amies », les plus notables étant KOJIMA Fujiko, KUTSUNA Shiori ou encore ASO Natsuko qu’on connait en France pour avoir présenté l’émission Japan in Motion sur la chaine de télévision Nolife. De vrais démons avec des visages d’anges. On peut aussi retenir HAYASHI Kento qui joue sans trop en faire « le Gavroche de service », et SAITO Yuki qui interprète le seul personnage qui nous rappelle qu’on peut aussi sourire entre toutes nos larmes grâce à ses monologues emplis de rancune envers sa sœur(la directrice).

Shōkōjo Seira est l’un des dramas les plus difficiles que j’aie pu voir. Provoquant une véritable souffrance, il ne faut certainement pas le regarder lorsqu’on a le moral un peu vacillant. C’est une épreuve de longue haleine, mais lorsqu’arrive le bout du tunnel, on se sent le cœur léger et apaisé. Une bien belle récompense.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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