Souvenirs de Marnie, une simple erreur de parcours?

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Souvenirs de Marnie est loin, très loin de ce que l'on peut attendre du studio. Yonebanashi nous livre un film sans relief, sans surprises, sans prises de risque, et donc sans saveur. On savait que l'après-Miyazaki serait difficile à gérer, mais pas de là à tomber sur un animé aussi peu inspiré. On va donc attendre le prochain avec une certaine méfiance...

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Souvenirs de Marnie est le dernier film d’animation en date des studios Ghibli que l’on ne présente plus. S’il n’est pas l’œuvre de Miyazaki Hayao, malheureusement parti en retraite, Yonebayashi Hiromasa a quelques arguments à faire valoir après son Arrietty.

Ça partait bien…

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Souvenirs de Marnie (思い出のマーにー – Omoide no Marnie) est comme très souvent chez Ghibli l’adaptation d’un roman, en l’occurrence « When Marnie was there » écrit par Joan G. Robinson dans le cas présent. N’ayant pas lu ce roman, je m’en tiendrai au film, sans m’attacher à une quelconque comparaison avec le bouquin d’origine. Il est ici orchestré par Yonebanashi Hiromasa qui a surtout travaillé sur l’animation chez Ghibli (Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro, Le Château Ambulant, Le Vent se Lève…) et ailleurs (Master Keaton, Serial Experiments LAIN, MONSTER).

Anna est une jeune adolescente à la santé fragile élevée par une mère adoptive depuis la mort de ses parents lorsqu’elle était encore en bas âge. Suite à une énième crise d’asthme, elle est envoyée chez sa tante et son oncle dans un petit village au nord du pays pour les vacances d’été. Alors qu’elle passe ses journées à flâner dans la petite bourgade loin de tout, elle tombe par hasard sur une villa abandonnée en plein milieu de marais. Mais le soir venu, celle-ci semble habitée. C’est ainsi qu’Anna rencontre Marnie, et passe ainsi de plus en plus de temps avec sa nouvelle amie mystérieuse. Lorsque Marnie disparait sans explication, Anna part à sa recherche. Ce qu’elle va trouver va dépasser toutes ses espérances…

Un film de Ghibli? Vraiment?

marnieUne jeune fille pleine de doutes, un village mignon tout plein, de la magie presque insidieuse, de lourds secrets… Souvenirs de Marnie possède pas mal d’ingrédients pour en faire un film de bonne tenue. Malheureusement, Yonebayashi a oublié d’incorporer l’élément essentiel qui fait des films d’animation de la firme japonaise des incontournables : des sentiments.

Anna passe sans cesse d’un état de détresse à un état de bonheur ou de doutes sans que l’on comprenne vraiment ce qu’il se passe dans sa tête. Ses états d’âme sont très mal exprimés/exploités, ce qui nous détache du personnage, qui sonne au final assez creux. J’ai vu le film il y a maintenant plus de deux semaines, et j’avoue avoir du mal à me rappeler de ce personnage sans grand relief. Et comme Marnie es au moins aussi vide, ça rend le tout d’une platitude assez désolante. On ne s’ennuie pas vraiment pendant 1h40, certes, mais on ne ressort pas vraiment de la salle le cœur empli d’émotions.

Des souvenirs à oublier

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Les Ghibli reposant principalement sur ses personnages incroyables pour nous conter des grandes aventures (Princesse Mononoke, Laputa…), ou de jolies petites histoires (Totoro, Ponyo), on en attendait plus à ce niveau-là. Mais le fait est que Souvenirs de Marnie ne propose qu’une galerie de personnages ternes, sans réel intérêt comme par exemple le vieux bourru taciturne, la mère adoptive, le couple qui accueille Anna, les enfants du village, la peintre inconnue… Mais à aucun moment on ne leur donne la moindre chance d’exister. Tout juste servent-ils de point d’appui à l’histoire pour disparaître aussitôt. Des personnages « Kleenex » chez Ghibli, ça fait mal au cœur. Certains auraient pourtant pu donner du corps à cette fable.

Dommage aussi car le cadre était des plus sympathiques avec cette villa à deux visages dans ce bourg d’Hokkaido. C’en est presque un personnage à part entière, duquel est tirée toute l’intrigue. Mais de ce côté également, c’est malheureusement limite. C’est limite car si les révélations promettaient de nous tenir en haleine avec cette Marnie un peu « louche », le lourd secret qui doit nous être dévoilé à la fin s’évente dès la première heure, sans être en plus d’une originalité folle. Seul le personnage concerné ne se rend compte de rien, ce qui a de quoi nous laisser dubitatif pendant une bonne partie du film.

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Et comme les musiques ne sont pas des plus éblouissantes, on ressort de la salle avec un goût d’inachevé. La réalisation sauve au moins le naufrage, avec de belles planches colorées. Là encore rien de véritablement marquant, j’essaye juste de trouver un semblant d’intérêt pour ne pas rejeter en bloc le travail d’un des studios qui m’a le plus fait rêver jusqu’ici. Espérons que Marnie ne soit qu’un incident de parcours, et que l’après-Miyazaki ait encore de belles choses à nous proposer comme a su le faire Kaguya Hime no Monogatari.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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