World of Final Fantasy, un monde à part

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8 Excellent

World of Final Fantasy propose tout ce qu'on peut attendre d'un RPG moderne avec son monde fourni, son scénario abouti, ses personnages attachants, sa variété de tous les instants. Aussi bien ciblé par les fans de la série que par les nouveaux venus, il fera le bonheur de quiconque osera se lancer dans cette fabuleuse Odyssée.

  • 8
  • Note des Utilisateurs (3 Votes) 6.4

World of Final Fantasy n’a pas eu la chance d’être poussé par ses créateurs commercialement parlant, et parait pour beaucoup comme un petit jeu fan-service sans grandes ambitions. C’est pourtant un tort que de l’ignorer.

Petit mais costaud

Pendant que tous les regards étaient portés sur Final Fantasy XV, un autre jeu de la licence phare de Square-Enix sortait en toute confidentialité ou presque. Avec une première semaine à 100 000 ventes en cumulant les versions Playstation 4 et PS Vita, il est loin de ce qu’on pourrait appeler un gros succès. Pas étonnant quand on voit la promotion commerciale inexistante, la date de sortie choisie (le jeu étant noyé parmi les mastodontes stars des fêtes de Noël) ou encore l’image qu’il dégage (un petit jeu avant tout basé sur le fan-service). Mais malgré tous ces handicaps, il a su se faire une petite place dans le cœur des joueurs ayant tenté l’aventure. Étant dans ce cas, j’espère défendre autant que faire se peut ce RPG rempli de bonnes intentions qui m’aura fait passer un moment très agréable. Je précise que j’y ai joué sur Playstation Vita, et que les captures effectuées par ladite console ne rendent pas honneur (c’est même un euphémisme) à la qualité réelle de la réalisation.

La Reynn de Lann nuit

Sans grande originalité pour un RPG, le jeu commence avec une perte de mémoire. Mais contrairement à d’habitude, nous n’avons pas un mais deux héros, les jumeaux Reynn (la fille) et Lann (le garçon). Ceux-ci vivotent dans un monde inhabité, où le temps parait ne pas s’écouler normalement, ne pas s’écouler du tout même. Alors quand une jeune femme mystérieuse leur annonce qu’ils doivent partir à la chasse aux Myrages dans un monde parallèle nommé Grymoire avec l’espoir de retrouver la mémoire et surtout leurs parents, ils n’hésitent pas se lancer à l’aventure. Ils seront accompagnés par un « chat/renard » du nom de Tama leur servant de guide, et rencontreront toutes sortes de personnages qui les aideront dans leur quête. Reynn et Lann ont toutefois pour particularité d’être les seuls être de « taille normale » qu’on appelle les Gigantus. Mais ils ont la possibilité de rapetisser au format « chibi », ressemblant alors à des caricatures comme tous les autres êtres humains. C’est un détail mais qui a son importance aussi bien au niveau de l’histoire que des mécaniques de jeu (mais j’y reviendrai). Ils sont aussi les seuls à pouvoir contrôler plusieurs Myrages (animaux sauvages de Grymoire), ce qui sera bien utile pour se défendre face au clan de Brandelis bien décidé à accomplir la prophétie, la destruction du monde ( :bruit qui fait peur: ).


Bande-annonce du jeu, version PS4 (pas mal de personnages dévoilés jusqu’à la moitié du trailer)
 

Du haut de ces pyramides…

World of Final Fantasy (WoFF) propose à l’instar des jeux Pokémons que l’on ne présente plus de partir à la chasse aux monstres pour s’armer et taper du méchant pas beau. Il offre pour cela un bestiaire de 200 créatures plus ou moins uniques (avec parfois juste un changement de coloris), qui ont la possibilité d’évoluer en créatures de taille et de caractéristiques différentes qu’il faudra capturer en réunissant certaines conditions lorsque vous les affronterez (attaquer avec une magie d’un certain type comme le feu ou la glace, l’endormir, l’empoisonner…). Chaque Myrage est soumis à des forces et faiblesses (un Golem d’eau sera résistant aux attaques de glace, mais sensible aux attaques électriques par exemple) à exploiter. Jusqu’ici c’est du classique.

Mais la grande particularité des combats de WoFF est son système de pyramides. Si votre équipe de combattants se compose des deux héros et de 4 Myrages (possible d’en mettre moins) qui peuvent combattre côte à côte, ils seront en général disposés en deux totems (un par héros) avec un « petit », un « moyen », et un « géant » empilés. Vous êtes donc dans l’obligation de disposer au maximum de deux personnages pour chaque taille donnée, d’où la possibilité intéressante de pouvoir choisir le format de vos héros pour créer à l’envi vos pyramides. Grâce à cet assemblage, vous créez une sorte de combattant ultime acquérant les forces et pouvoirs magiques de vos Myrages, mais aussi leurs faiblesses. Tout ceci dans le but de rendre les combats un minimum tactiques par le prisme de l’éternel « pierre-feuille-ciseau ». C’est un peu compliqué à expliquer (j’ai réécrit ce passage au moins 4 fois en espérant être clair et complet), mais dans les faits cela se passe très naturellement. Bien sûr vos ennemis adoptent les mêmes stratégies, et chacun a la possibilité de faire s’écrouler la pyramide adverse pour rendre les guerriers plus vulnérables.

En plus de tout ça, les développeurs ont eu la bonne idée d’y adjoindre la base du gameplay de Final Fantasy X, considéré comme l’un des tous meilleurs de la série. En plein combat, vous aurez donc un visuel de l’ordre de passage pour affiner votre stratégie. Dans la montée en puissance de vos personnages, chaque Myrage est associé à un sphérier que vous développerez grâce à l’expérience engrangée lors de vos duels, pour débloquer de nouvelles capacités (magies, renforcement de force, de vitesse, de défense, des résistances à certains éléments…). À noter également la présence de Myrages Ex, aux tailles disproportionnées qui se battront seuls si vous les appelez. Ils tiennent le rôle d’invocations.

Un jeu FANtastique

Mais un jeu de rôle ne tient pas qu’à son système de combat. Son chantier principal est d’édifier un monde vaste et intéressant, cohérent, plein de vie, pour conter une histoire qui vous tiendra éveillé 70h de votre vie devant votre écran. Comme dit en préambule, World of Final Fantasy repose en grande partie sur une volonté des créateurs d’offrir un jeu pour les fans de la série. Ils ont donc pris comme base de travail tous les épisodes canoniques et même annexes pour bâtir un univers reprenant tout plein de lieux connus des anciens épisodes comme le réacteur Mako (Final Fantasy 7), Besaid Island (FF10), le Château de Figaro (FF6)…. utilisés à bon escient pour donner naissance à des donjons éblouissants architecturalement, ainsi que des personnages emblématiques (Rydia, Gilgamesh, Tifa, Princesse Sarah, Squall, Yuna….). J’en énumère peu pour éviter de dévoiler trop de surprises, mais tous les épisodes de 1 à 13 (hormis le 2 et le 12, mais un DLC arrive pour ce dernier) sont représentés ainsi que Dirge of Cerberus, Crystal Chronicles Echoes of time et même Kingdom Hearts dernièrement. À noter que pas mal de têtes connues seront utilisables en plein combat sous forme d’invocations pour vous soutenir comme par exemple Sephiroth disponible en téléchargement gratuit pour tous les premiers acheteurs. Vous pourrez même utiliser leur thème musical remixé lors des combats, remix pas très heureux par contre si on les compare aux compositions originales même s’ils restent au-dessus du thème par défaut. D’ailleurs c’est un peu tout l’ensemble musicale qui n’est pas au niveau de ses ancêtres. C’est peut-être une question de goût, je ne suis pas friand du boulot d’HAMAUZU Masashi en général. Au moins le doublage japonais (l’anglais est aussi disponible) est, lui, de qualité.

Final Fantastique

Chaque jeu Final Fantasy se passant dans un univers unique et non relié avec ses paires, cela aurait pu donner un patchwork sans réelle cohérence tellement les matériaux de base sont variés. Difficile de mettre en relation le style Fantasy pure de FF1 avec le Steam Punk de FF7. Pourtant, WoFF a réussi à obtenir de ses concepteurs un scénario tout à fait charmant dans un premier temps, puis prenant et haletant dans sa dernière partie, et surtout un environnement qui se tient.

Les différents monstres sont eux aussi tous ou presque tirés des anciens opus, mais légèrement remaniés pour garantir à la faune une bonne uniformité. Les admirateurs de Pampas, de Chocobos et autres Mogs seront aux anges. En résulte une atmosphère légère et très simple d’accès pour ceux qui n’auraient jamais tenté l’aventure FF, et bourrée de nostalgie pour les plus anciens. Bien sûr les différents clins d’œil et petites histoires personnelles des protagonistes des temps passés n’auront pas un grand impact pour les nouveaux venus, mais ça ne les empêchera pas de prendre plaisir à parcourir Grymoire, ne serait-ce que pour collectionner les bestioles, connaître le destin de Lann et Reynn, bref vivre un joli conte.

D’ailleurs j’ai rarement vu un jeu aussi accessible, aussi réussi dans ses menus, aussi clair dans sa construction. Il y avait pourtant de quoi se disperser vu son contenu assez faramineux (des quêtes annexes allant de la simple chasse aux vers de terre géants pour le compte des habitants d’un village, à aider un héros dans ses tourments, des petites scénettes parallèles à l’histoire principale, un Colisée pour affronter les meilleures équipes de Myrage, des donjons optionnels, des mini-jeux, des secrets disséminés un peu partout, et bien sûr la chasse aux alliés). Mais le jeu n’est jamais frustrant, permettant d’éviter les allers-retours un peu lourds qu’on trouve parfois dans d’autres jeu, de créer des raccourcis dans les menus de combat. Un bouton pour accélérer le temps lors des affrontements parfois un peu mous (surtout quand on fait du level up) est même présent, tout comme un mode cinéma qui a fait son apparition lors d’une récente mise à jour. Un jeu vraiment pour tous.

Quand ça rame c’est pas gai

On pourra peut-être regretter le manque de finitions sur la technique, notamment dans les menus qui rament pas mal quand on passe d’une option à l’autre (phénomène exclusif à la version Vita dû surtout au manque de puissance de la console portable) ou le brouillard qui était omniprésent sur Playstation 4 (problème réglé dernièrement). On pourra aussi pester sur ces mini-jeux complètement manqués et rageants, ou râler sur le fait que le mode multijoueurs perde son aspect online sur la console portable là encore à cause de son architecture vieillissante (je n’ai donc pu affronter d’autres joueurs en combat singulier, ou échanger mes Myrages avec mes comparses chasseurs), le doublage anglais et japonais qu’il faut impérativement télécharger sur le store (plus de 500Mo) sous peine d’avoir une version muette (toujours sur Vita), la peut-être trop grande facilité du jeu, ou encore le prix prohibitif des bêtes « spéciales » disponibles sur le store ( 2 ou 3€ pour un simple changement de couleur et de capacités de bêbêtes connues). Mais ça serait injuste et réducteur de s’arrêter à ces finalement tout petits défauts pour la plupart non rédhibitoires au regard de l’épopée proposée par le directeur CHIBA Hiroki et ses potes.

World of FInal Fantasy

Le jeu est une grande, une très grande surprise. Le vide ressenti au moment de tourner définitivement la page (non sans avoir assisté avant à ce qui est pour moi le meilleur générique de fin d’un jeu vidéo vu à ce jour) ne trompe pas. J’espère que Square-Enix ne sera pas trop découragé par les ventes faméliques du titre, et que le studio japonais proposera un de ces jours une suite. Final Fantasy est un puits sans fond de personnages à faire interagir non encore utilisés dans ce premier volet. J’aspire encore une fois à repartir à l’aventure et faire des tas de nouvelles/anciennes rencontres ♪.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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