Super Dragon Ball Heroes a la carte au Japon

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Alors que Dragon Ball Super a été plus ou moins bien reçu en France et dans le monde, un autre dérivé du bébé de Toriyama qui reste pourtant cantonné au Japon connait, lui, un succès phénoménal. Son nom ? Dragon Ball Heroes.

Un jeu qui dépasse les bornes

Dragon Ball Heroes

Dragon Ball Heroes est un jeu de cartes sur borne d’arcade apparu en 2011 utilisant la technologie NFC. Il s’agit de se constituer un deck de 7 cartes pour affronter la machine (ou d’autres joueurs) lors de missions de plus en plus ardues, avec des guerriers se matérialisant en fonction de votre main en temps réel sur un double-écran. Les missions représentent aussi bien des batailles connues (Goku vs Végéta, Cell vs Gohan) que des fantaisistes (Jackie Chun contre Nappa, Gogeta vs Tao Pai Pai), mais également de nouveaux combats tirés d’une histoire originale dérivée du jeu vidéo Xenoverse, avec un petit script en préambule de chacun pour les justifier.

Et c’est là tout le génie de cette nouvelle série. Car ce scénario repose sur les voyages parallèles/temporels sans aucune limite, ce qui permet en plus d’une toute nouvelle fournée de personnages (Mechikabura, Cumber, Great Sayaman 3, Fuu…) d’incorporer une tonne de combats improbables (Goku SSGSS vs Goku 4) et de transformations inédites (Nappa Super Sayan, Bardock Sayajin 3, fusion Gohan/Trunks…) venant de tous les univers connus, de Dragon Ball à sa suite Z, en passant par le médiocre GT, les différents films ou encore la saga Super devenue omniprésente (ce qui ajoutera ce terme au titre du jeu), et ce de façon à peu près crédible. En résulte un nombre de cartes faramineux (plus de 5600 au moment où j’écris) reprenant tous les personnages des plus populaires (toute la bande de héros, les super vilains Cell, Boo, C13, Freezer…) aux plus insignifiants (Cacao, Tambourine, Chichi enfant, Minoshia…). Coup de chapeau d’ailleurs aux illustrations très soignées pour la plupart, même pour les cartes de plus bas niveau.

Dragon Ball Heroes 8

Exemples de cartes de « bas niveau »

Le succès de ce jeu d’arcade a bien sûr amené tout un tas de produits dérivés, des mangas aux jeux vidéo, en passant par un animé web, des figurines, des crayons et autres bonbons/chocolats. De quoi raviver la flamme du fan invétéré de la licence que je suis, et relancer ma collectionnite de cartes comme du temps de mes 12 ans.

Master Mind

Dragon Ball Heroes

Le principal « défaut » est que cette borne n’existe qu’en japonais, avec des règles très complexes au démarrage, et des compétences liées à chaque carte très nombreuses et obscures pour qui ne maîtrise pas la langue. Je suis donc resté éloigné de la tentation des années durant jusqu’au drame, l’arrivée en Occident du jeu vidéo sous-titré World Mission sur Nintendo Switch, traduit en français / anglais le rendant tout de suite plus accessible. Me voilà donc lancé dans l’aventure Super Dragon Ball Heroes pour des heures et des heures de plaisir. Car non content de reprendre la base du jeu d’arcade avec une bonne partie de son contenu, il y ajoute un mode Histoire très long, des missions spéciales, un mode en ligne pour affronter d’autres joueurs, un éditeur de missions (on peut également accéder aux créations des autres joueurs) et même un éditeur de cartes très complet (aussi bien le design que les capacités sont paramétrables) dans le cas où les 1178 déjà présentes ne suffiraient pas. Autant dire que le jeu est infini. Après 120h déjà passées dessus, je suis loin d’en avoir fait le tour.

Pour autant les débuts ne se sont pas faits sans heurt. Le tutoriel est assez mal fichu, les paramètres de combat sont TRÈS nombreux (type (Hero, Elite, Berserker), niveau de puissance, puissance (oui c’est différent), défense, points de vie, énergie des héros, impact de charge, endurance, soutiens, liens, super attaque, zone d’attaque, attaques supplémentaires…), et les possibilités d’interactions entre les cartes infinies. Mais avec un peu de patience, et beaucoup de temps, on se prend au jeu, on acquiert petit à petit des automatismes, on appréhende les différentes capacités offertes par chaque carte, et on tombe dans l’addiction. On peut bien critiquer son aspect graphique d’un autre âge (sachant que le rendu est bien meilleur sur Nintendo Switch que sur le gros écran de la borne) avec un moteur de jeu qui a maintenant 8 ans, et la traduction française parfois inexacte sur certaines compétences (il manque un zéro ici, cette carte ne fonctionne qu’une fois et non deux comme indiqué… Mieux vaut y jouer en anglais si vous êtes à l’aise). On aimerait aussi pouvoir zapper les longues animations d’attaque que l’on a déjà vues 1000 fois quand on joue avec le même deck, mais pas de quoi bouder son plaisir.

Business Card

Dragon Ball Heroes

Des cartes spéciales pour chaque nouvelle campagne

Une fois les mécaniques bien maîtrisées, ça ne suffira pas forcément à vous lancer sur la borne d’arcade. Mais si votre niveau de japonais vous permet de comprendre globalement les capacités des cartes, il sera difficile d’y résister. Quand on sait que fin 2016 il s’était déjà vendu plus de 500 millions de cartes (je n’ai pas de chiffres plus récents, gageons que ça a dû doubler vu son succès), je ne suis apparemment pas le seul à être tombé dans ce puits sans fond. Le jeu sait être très aguicheur de par son « business model ». Que vous gagniez ou perdiez, une partie contre une pièce de 100¥ vous donne automatiquement une carte au hasard de la série en cours (qu’on reçoit avant le combat, et donc que l’on peut utiliser immédiatement). De nombreuses campagnes limitées dans le temps sont lancées régulièrement avec leur lot de nouvelles cartes, de nouvelles missions.

On trouve aussi des cartes dans des magazines, des mangas, des pochettes surprises, les machines Gachapon (200¥ les 3 cartes), lors d’évènements spéciaux comme la sortie au cinéma du film Broly par exemple ou lors de collaborations marketing (McDonald’s), des starter packs pour les nouveaux venus (avec un jeu de cartes complet et compétitif, parfois accompagné d’un classeur pour ranger votre future collection)… Évidemment un gros marché de l’occasion s’est également mis en place dans l’espoir de trouver la perle rare, toutes les cartes ne pouvant s’obtenir que pour une durée limitée. Il est donc fréquent que les cartes les plus puissantes dépassent les 10 000¥ sur ce marché parallèle. À noter tout de même que le jeu demande régulièrement de « frotter » une carte rapidement sur l’écran du bas, ce qui peut vite abimer votre précieux avec de grosses rayures disgracieuses. Des petites pochettes individuelles (officielles ou non) sont préconisées.

Dragon Ball Heroes

Un Starter Pack complet, une carte Avatar en prime, un classeur pour votre collection, et des pochettes individuelles pour protéger vos cartes qui mènent un rude combat sur la borne d’arcade. Le tout pour 2700 ¥.

Le démon du jeu

Pour sauvegarder votre progression dans le jeu, vous devrez obligatoirement acquérir un « Bana Passport » (une carte NFC à 400¥), disponible au guichet du game center. Cela permet d’accéder à de nouvelles missions qui se débloquent au fur et à mesure de vos victoires, avec parfois des conditions spéciales indispensables (ne pas subir de super attaque, toujours attaquer, inclure tel personnage à votre jeu…) et de créer un avatar qui prendra de la puissance, héritera de nouvelles compétences au fil des escarmouches. Cet avatar, un enfant, dont vous choisissez la race parmi les plus communes de l’univers DB (Sayajin homme ou femme, Cyborg, Namek, Majin, Race de Freezer, Dieu Démon) peut évidemment être utilisé en combat, pour peu que vous possédiez la carte adéquat (généralement vendue dans les Starter Packs), et même évoluer (Super Sayan, Super Cyborg…) si vous réunissez les Dragon Ball en mission. Il gagnera d’autant plus de puissance si vous variez votre deck, chaque lien renforcé avec un personnage lui apportant différents bonus. Les meilleurs joueurs l’incluent bien souvent dans leur main au vu de la puissance engrangée lors de leurs parties multiples.

En plus de l’évolution de votre personnage, le jeu foisonne de choses à débloquer comme les Dragon Balls (ceux de la Terre, de Namek, ou les Super Dragon Balls) ou des module d’aide au combat, des adversaires à capturer… Il n’est donc pas rare de scotcher à la borne plus d’une heure, même si la principale carotte est la prochaine carte que l’on va obtenir. Seul le manque de pièces dans la poche m’arrête en général.

Super Dragon Ball Heroes est doté d’une richesse incroyable. Son fan-service de tous les instants (parfois même un peu élitiste au vu des personnages parfois confidentiels utilisés), son système de jeu au final très satisfaisant aussi bien pour les enfants que pour les adultes (mes voisins de table ont de 5 à plus de 50 ans), le fait de recevoir un petit « souvenir » à chaque partie en plus de passer 10 minutes à se creuser les méninges (même si les premières missions sont une balade de santé), tout ça fait qu’on y revient encore, et encore, et encore. Avec des bornes disponibles dans n’importe quel game center ou grand magasin multimédia, il sera difficile de passer à côté si comme moi la licence Dragon Ball vous fait toujours un petit pincement au cœur.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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