Oninaki, un démon qui ne vous veut pas que du mal

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9.0 Immanquable

Oninaki, sous ses petits airs de jeu sans prétention est une claque dans l'univers du RPG japonais. Aussi bien son ambiance que ses personnages, son scénario, ou son système de combat plus que complet, il a tout de la grande aventure qu'il serait dommage d'ignorer.

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Oninaki, le nouveau jeu de Tokyo RPG Factory est de sortie sur Nintendo Switch, Playstation 4 et Steam. Face à la réception plutôt tiède des médias français, je me devais de crier mon amour pour un jeu qui le mérite.

Onina quoi ?

Oninaki

Square-Enix a lancé en 2014 un studio de développement spécialisé dans les jeux de rôle « old school » comme à l’époque Super Nintendo. Il y a eu tout d’abord I Am Setsuna, puis Lost Sphear reprenant le système de combat du tour par tour inspiré des célèbres Final Fantasy/Chrono Trigger dans une progression des plus classiques pour les habitués. La qualité discutable des titres n’a pas vraiment aidé à donner une bonne réputation à Tokyo RPG Factory. Alors quand Oninaki (Oni No Naku Kuni en japonais, « Le Démon du Royaume des Pleurs ») a été dévoilé, c’est plein de suspicion que le titre a été guetté du coin de l’œil. Je dois d’ailleurs avouer que j’étais dans ce cas.

Mais la démo disponible en amont du lancement m’a convaincu de me lancer dans l’aventure. Car la première chose qui frappe dans Oninaki, c’est son propos original et surtout très mature, parfois même très dur, se concentrant sur la mort, la réincarnation, les sentiments humains – et pas toujours les plus glorieux. Habillé par une patte artistique fabuleuse (c’est subjectif), des personnages en format « Super Deformed » (SD) qui se glissent habillement dans ces tableaux oniriques et d’une bande-son surprenante bien que parfois un peu trop discrète, on est emporté dans un conte lugubre en suivant Kagachi, qui doit guider les morts coincés dans le monde des vivants, les Égarés, vers leur nouvelle vie. Kagachi est un Gardien qui la possibilité de passer d’un monde à l’autre (qui coexistent en parallèle, et partageant donc la même architecture). Les âmes qui ne trouvent pas le repos se transforment en monstres agressifs, et constituent la principale menace. Mais bientôt un tueur en série, Le Diable de la Nuit fait son apparition.

Daemons et merveilles

Pour ce 3ème projet du studio japonais, exit le tour par tour, bienvenue à l’action-RPG. Enfin ça c’est ce que la presse en a retenu (en se trompant lourdement). Car plus qu’un style japonais à la Zelda ou Secret of Mana, il faut plutôt y voir une inspiration des Hack’n Slash, les RPG d’action occidentaux dans la même veine que Diablo (avec ses combats frénétiques, mais également son côté répétitif lors de l’exploration de donjons plutôt simples, sans vraiment d’embranchements ou de puzzles nous barrant la route). Et pour contrer cette répétitivité, le jeu fait preuve d’une grande ingéniosité. Kagachi est constamment accompagné par des Daemons, des Égarés spéciaux rencontrés au fil de l’aventure que l’on peut à loisir sélectionner et améliorer (avec un système d’expérience et surtout un arbre de compétences à débloquer). Chaque Daemon lié à Kagachi lui donne un style de combat différent, apportant une variété de combats impressionnante, sans parler de la montée en puissance tout simplement jouissive de notre Gardien.

Le premier Daemon Aisha permet de se battre à l’épée, et propose un dash pour les esquives. En découvrant petit à petit son arbre de compétences, on lui adjoint des coups spéciaux comme une charge, une attaque à distance, un coup chargé, un coup tourbillonnant… D’autres nous octroient une lance, une chaîne (comme Shun dans Saint Seiya) pour des affrontements groupés, une arbalète pour le combat à distance, une hache pour trancher dans le vif… avec la possibilité de sauter, de se protéger en formant un bouclier, de contrer. Sachant qu’on peut en équiper 4 qu’on peut changer à la volée selon la situation, qu’il en existe plus d’une dizaine, que chacun à ses propres attaques et caractéristiques, qu’il faut en plus y adjoindre les équipements (différentes armes, des pierres à y greffer pour gagner des bonus d’attaque, de défense, empoissonner, paralyser), ou le système d’affinité permettant d’entrer en transe pour tout dévaster, il est tout simplement impossible de se lasser du système de combat, malgré parfois la surabondance de ceux-ci.

La mort dans l’âme

Oninaki

Mais si tabasser du monstre est toujours plaisant après une journée de travail harassante, Oninaki reste d’abord une formidable aventure macabre. Car comme dit précédemment, son propos est très audacieux. Si la mise en scène est parfois un peu statique et les quelques mots prononcés lors des dialogues assez irritants puisque ne correspondant pas à la conversation (j’impute ça à une traduction un peu hasardeuse) découlant d’un manque de moyens évident, chaque avancée scénaristique m’a fait lâcher un « QUOI !!!! » dont je n’étais plus habitué. Les personnages (Kagachi en tête mais également les nombreux personnages secondaires) sont tous écrits avec soin, et les 2 trois ÉNORMES twists ont fonctionné à 100% pour me plonger dans un état second. Sans parler de la dualité des mondes parallèles dévoilant des coffres, des passages secrets ou même de nouvelles quêtes liées à certains égarés.

Je veux bien admettre qu’Oninaki n’est pas un jeu qui fera l’unanimité, notamment de par sa technique un peu en retrait et ses personnages en SD. Mais il mérite bien plus que son traitement actuel. Si sa plastique ne vous rebute pas et que son propos vous touche (avec un cœur bien accroché, ça n’est pas un jeu duquel on ressort avec le sourire aux lèvres), en plus de son système de combat assez jubilatoire et plus que complet, vous pourriez tomber amoureux comme je le suis devenu.

(Les captures ont été effectuées en jeu sur Nintento Switch, dont en résulte une certaine perte en qualité d’image)

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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