Persona 5 Scramble The Phantom Strikers, plus d’un Joker dans sa manche !

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10 Parfait

Persona 5 Scramble The Phantom Strikers est une réussite au-delà de toutes mes espérances. Généreux, rythmé, fun, profond, respectueux de son ainé, il parvient à se faire une grande place aux côté du mastodonte. Avec un système de jeu inventif et complet, il vous tiendra en haleine pendant plus de 50h sans une once de lassitude. Une suite comme ça, c'est quand vous voulez pour Persona 4 !

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Persona 5 est devenu une référence dans le monde des RPG japonais de par ses nombreuses qualités esthétiques et ludiques. Alors qu’une version « Royal » est sortie au Japon en octobre 2019 (et le 31 mars 2020 en Occident) enrichie de nouveaux personnages et de morceaux de scénarios inédits, l’arrivée de sa suite Persona 5 Scramble The Phantom Strikers en février 2020 avec des combats en format Musô pouvait surprendre. C’était sans compter sur le talent d’Atlus et de Koei Tecmo qui se sont associés pour nous régaler une fois de plus dans l’univers des gentlemen cambrioleurs.

Jeu fait en japonais (pas de version occidentale annoncée pour le moment) sur Nintendo Switch en version portable exclusivement. Un jeu fluide en toutes circonstances, avec un aliasing prononcé uniquement lors de certaines scènes cinématiques sans que ça n’entrave le plasir et des temps de chargement parfois un peu longs (version PS4 beaucoup plus rapide de ce côté, avec une meilleure définition d’image, mais sans le côté portable ce qui peut être un poil gênant lors de longues phases de dialogues).

Persona 5, au commencement…

Persona 5 Scramble

 

Tout amateur de jeu vidéo a déjà entendu le nom Persona, et pense globalement avoir affaire à un RPG japonais au tour par tour comme il en existe des dizaines, de Final Fantasy à Dragon Quest, en passant par Chrono Trigger, Star Ocean, Suikoden et autres Golden Sun. Mais Persona a pour particularité d’avoir une partie « vie sociale » extrêmement développée. Dans Persona 5, le héros doit non seulement vaincre le mal dans des donjons et accumuler des Personas pour gagner de nouvelles aptitudes (chaque Persona, comme les ennemis, ayant des forces et faiblesses élémentaires, le feu, le vent, la glace… à la manière d’un Pokémon), mais également gérer son emploi du temps entre ses études, ses amis, ses loisirs, le tout ayant une incidence sur ses performances (renforcer les liens avec ses amis développe les attaques groupées et le niveau de ceux-ci, passer du temps au game center renforce son niveau de tir, apprendre le shôgi permet de nouvelles tactiques…). Il faut faire des choix tout en surveillant la limite de temps pour exterminer le boss du donjon dicté par le scénario étalé sur une année scolaire complète, avec tout ce que cela comporte (festivals d’été, voyage scolaire, examens, St Valentin…).

Le scénario est d’ailleurs développé à son paroxysme par des phases de dialogues pouvant durer 2h sans que l’on puisse être libre de ses mouvements. Une énorme composante Visual Novel (un livre interactif en somme) qui ne plait pas à tout le monde, surtout quand le jeu n’est pas proposé en français (Persona 5 Royal est une première de ce côté). Persona et particulièrement ce 5ème volet a également pour lui un habillage ultra stylisé notamment dans ses menus, des musiques jazz à tomber, un Tôkyô réaliste avec des lieux emblématiques (Shinjuku, Shibuya, Roppongi, Harajuku…) où il se passe toujours quelque chose. Un jeu extrêmement riche, pouvant être éprouvant dans la durée (comptez au bas mot 100h pour en voir le bout, même si ça peut monter bien au-delà). Mais pour qui arrive à entrer dans le trip, Persona 5 devient rapidement une expérience captivante, un jeu culte tout simplement.

Take my Heart

Persona 5 Scramble

 

P5S pour les intimes est donc une suite directe prenant place 6 mois après les évènements de Persona 5, occultant l’existence de la version Royal et de ses nouveaux personnages. Le jeu a le bon goût d’éviter une introduction à rallonge en attaquant simplement dans le vif du sujet, prenant pour acquis que le joueur, comme tous les protagonistes, est au courant de tout. La séquence d’introduction nous lance comme il faut avec un combat seul contre 40 Shadows (le nom des ennemis dans la franchise) pour bien marquer la principale différence avec son ainé. Exit donc le tour par tour, ça va cogner dur par la force du martèlement des boutons de la manette. Et le plus étonnant est que ça fonctionne à merveille. Les fights de Persona ont pour marque de fabrique de proposer des combats sur le principe du « pierre-feuille-ciseaux », avec des éléments à gérer pour espérer abattre l’adversaire. On pensait la chose difficile à réutiliser dans des bastons dynamiques, Koei Tecmo (spécialiste du Musô avec la série Dynasty Warriors par exemple, un genre où l’on tabasse les ennemis par grappes de 10 à 100) a pourtant parfaitement réussi. Tous les ingrédients du grand frère ont été implantés, les simples frappes qui se transforment en combos, les tirs au pistolet, l’apparition d’un menu par simple pression d’une gâchette pour lancer un sort ou changer de Persona à la volée (avec toujours les forces/faiblesses à garder en tête), changer de personnage quand on se tape en équipe jusqu’à 4, les « All out » (attaques communes) une fois les défenses de l’ennemi détruites, les attaques « Show Time » (attaques spéciales et spectaculaires), les attaques furtives dans le dos qui donnent un énorme avantage en ouverture de combat… Rien n’a été oublié, c’est impressionnant, en plus d’être jouissif pad en mains.

Persona 5 Scramble

 

L’autre principale différence vient du rythme du jeu. Ici l’histoire se passe pendant les vacances d’été, de fin juillet au 31 août. Autant dire qu’on n’a pas le temps de flâner pour sauver le monde. On dit donc adieu à la gestion libre de l’emploi du temps, aux activités annexes comme les petits boulots, le batting center, les séances de lecture, les films à la maison… Et qui dit vacances, dit voyage. Le scénario a la bonne idée de nous sortir de Tôkyô et de nous balader à travers tout le Japon, pour de jolies cartes postales. On visite donc Sendai, Sapporo, …. et plein d’autres lieux dont je tairai le nom pour éviter le spoil. Ce voyage se fait en camping-car avec tout ce que cela engendre (problèmes de circulation, promiscuité, fatigue accumulée…), mais surtout dans une bonne humeur communicative. Après plus de 100h passés sur le premier, on est dans des pantoufles à retrouver toute la bande, on en fait partie à travers le protagoniste principal (on participe même aux dialogues avec des choix multiples même s’ils ne changent rien à l’avancée). Les petites scènes sont un bonheur à vivre, toujours pleines d’humour malgré le propose grave du jeu. Un grand bol d’air frais. Elles remplacent allègrement les scènes que l’on avait lorsqu’on passait du temps avec ses connaissances pour monter ses liens d’amitiés (ils sont ici acquis). Au passage s’il n’y a plus ces liens à parfaire, il y a une nouvelle jauge de « bande » servant à débloquer de nouvelles capacités pour les donjons  (gagner de la force, regagner de la vie après chaque attaque furtive, ouvrir des coffres de plus grande valeur, faire plus de dégâts lors des attaques spéciales…)

Wake up, Get up, Get out there

Persona 5 Scramble

 

Cette fenêtre d’un mois étant très restreinte, il était évident que les donjons auraient une place beaucoup plus importante dans P5S alors qu’ils représentaient « seulement » une petite moitié dans le précédent. Comptez en général 1h30/2h de phases très scénarisées (comprenant de longs dialogues, des visites en ville plus libres, de la recherche, du shopping, de la cuisine et de la fusion de Personas) pour 8h dans des donjons immenses (morcelés sur 2-3 jours) avec ses combats frénétiques. L’apparition des quêtes annexes apporte aussi de la diversité, même s’il s’agit en général de tabasser du Shadow (en tuer un certain nombre en utilisant leur faiblesse, affronter un ennemi particulièrement retors pour qui cherche du challenge, mais aussi obtenir un Persona spécial avec une technique spécifique, faire plaisir à un compagnon en lui cuisinant son plat préféré…).

Ces combats peuvent prendre la forme de 4 contre 20 quand ce sont des ennemis simples, des phases avec de grosses vagues successives, ou du 4 contre 1 contre les gros boss (des combats pouvant prendre 20 minutes, autant être bien préparé même si le jeu n’est pas difficile en mode normal). Ces ennemis étant très nombreux, il faudra particulièrement bien gérer ses points de magie et son inventaire. Se retrouver à court contre un ennemi puissant peut signifier le game over. Encore une composante tirée de P5.

Le style avant tout

Persona 5 Scramble

 

Grâce à un scénario parfaitement dans la continuité et très bien mené, sans pour autant qu’il y ait une redite malgré un thème similaire, on voyage donc dans des ambiances aussi dépaysantes que dans le premier. Si les villes japonaises sont malheureusement confinées à une grosse rue et un ou deux lieux connus, un soin tout particulier a été apporté aux donjons, avec des thèmes propres, comme une fête foraine, un village heroic fantasy, une ville de glace… Avec une architecture faisant la part belle aux parties de cache-cache tout en proposant de larges étendues (il faut de la place pour faire entrer les nuées d’ennemis), ainsi que des éléments de décor à utiliser à bon escient (des voitures à exploser, des lustres à faire tomber, des lampadaires sur lesquels tournoyer…), les balades se suivent et ne se ressemblent pas.

Persona 5 Scramble

 

Accompagné d’une bande-son à la hauteur avec les musiques géniales de P5 réutilisées, certaines remixées, et de nouvelles compositions tout aussi enivrantes, P5S n’a pas à rougir face aux thèmes mythiques de la franchise que sont Soul Phrase, Reach Out the Truth ou Rivers in the Desert. Le style jazzy fait toujours son effet lors des batailles contre les boss, on part à la guerre le sourire aux lèvres.

En parlant de style, bel effort encore une fois l’habillage des menus animés. Il est bien sûr difficile d’obtenir l’excellence de Persona 5 (surtout avec son screen de fin de combat), mais ça reste du haut niveau en plus d’être parfaitement clair.

On ne savait pas trop à quoi s’attendre avec ce Persona présenté comme un Musô, un produit dérivé comme l’était le Persona 5 Dancing Star Night. Mais on a vraiment avec ce Scramble une digne suite, un jeu « plaisir » du début à la fin. Un vrai Persona, différent par certains points, mais tellement respectueux de son grand frère. J’espère que les fans de Persona 5 répondront présents s’il daigne un jour franchir les portes de l’Occident.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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