Yakushima, l’île aux mille visages

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Avec le beau temps qui s’est affiché fin octobre dans la région de Kyushu l’année dernière, j’ai profité d’un week-end prolongé pour découvrir une petite partie de l’île de Yakushima, célèbre pour ses randonnées sylvestres au milieux de cèdres millénaires, ses singes et ses cerfs.

Yakushima mon amour

Yakushima est une petite île de la préfecture de Kagoshima située au large du sud de Kyushu. Pour s’y rendre, vous pouvez emprunter le bateau ou l’avion depuis Kagoshima, ou depuis l’aéroport de Fukuoka comme dans mon cas, ce qui prend 1h10 environ. Attention tout de même, il y a en général un avion par jour, et pas bien grand. En passant, n’oubliez pas de jeter un œil par-dessus le hublot pour apercevoir l’île Sakurajima qui est en fait un volcan à forte activité. L’aéroport est à l’échelle de l’avion, un tout petit bâtiment au bord de 2-3 pistes. Pittoresque.

The Island

YakushimaPremière étape, rejoindre l’auberge Tashiro Bekkan dans la grande ville de Miyanoura en empruntant leur navette qui devait nous attendre (c’est nous qui l’avons attendue après leur avoir téléphoné avec pour réponse « désolé, on vous a oubliés ! »). Après un quart d’heure de route, nous voilà rendus pour déposer bagages et commencer la découverte de l’île. Mais avec une arrivée sur l’île à 14h30, une attente de 30 minutes à l’aéroport et un repas au ryokan prévu à 19h, cela laisse peu de temps libre.

Nous profitons tout de même des alentours et de la bonne situation de l’auberge pour nous rendre à pied au centre pour touristes de Yakushima (un magasin de souvenirs avec les spécialités de l’île vendues à prix d’or, notamment les objets produits à partir des cèdres), au temple Yaku pour demander les bonnes grâces et éviter les blessures lors de l’ascension du lendemain, le tout en longeant la rivière bordée de… Sakuras en fleurs (un journaliste du Nishinippon Journal m’a même interviewé alors qu’il étudiait cette floraison inhabituelle), tout en parcourant les petites rues calmes de la « ville ».

De retour au ryokan, nous en profitons pour louer sur place l’équipement complet de randonnée (chaussures, vêtements de pluie, sac à dos pour quelque 3000¥ par personne, montant qui nous sera en grande partie remboursé pour s’excuser de leur retard à l’aéroport) puis direction le bain public (rien de transcendant), et enfin à la salle restaurant où un menu complet nous attend. Pendant ce temps, le personnel prépare notre chambre et installe les futons.

La ligne verte

YakushimaDeuxième jour, début de l’aventure. Nous avons prévu la visite immanquable de la forêt Shiratani Unsuikyo, la principale attraction de l’île. N’étant pas spécialement de grands habitués de randonnée ni de grands sportifs, nous avons préféré nous faire accompagner par un guide qui nous attend dans le hall de l’hôtel à 7h30 (juste le temps pour nous de prendre notre petit déjeuner complet inclus dans notre séjour). De prime abord assez froid, notre guide se révèlera très ludique, très (trop) loquace bien que ne parlant que japonais, et d’agréable compagnie. Celui-ci nous conduit à l’entrée du parc pour commencer notre ascension, avec sur le chemin la rencontre de singes s’épouillant en plein milieu de la route. À noter qu’il est demandé une petite participation de 500¥ par personne qui servent à la maintenance des sentiers. Plusieurs parcours sont possibles, allant d’une à 4-5h selon votre forme. Nous choisissons l’intermédiaire (la route des cèdres Bugyosugi, en orange sur la carte) qui nous prendra 3h30 pour l’aller-retour en prenant notre temps et en profitant des explications et démonstrations de notre compagnon.

De la forêt de cèdres millénaires Shiratani naît la réputation de l’île en grande partie grâce à Hayao Miyazaki qui s’en est inspiré pour son chef-d’œuvre Princesse Mononoké des studios Ghibli. Et je dois dire que c’est une expérience assez fantastique que de s’enfoncer dans cette masse verte infinie. Si des balises se font voir facilement pour ne pas perdre son chemin, elles savent se faire discrètes pour nous faire profiter de toute cette flore (malheureusement la faune était absente lors de notre passage, bien que des cris de singes se font souvent entendre, ou qu’il n’est pas rare d’après notre guide d’apercevoir un cerf dévalant la montagne). Si quelques arbres ici et là ont subi les affres des typhons survenus dernièrement, la forêt est d’une densité incroyable, tout en gardant une certaine diversité dans ses paysages. Le beau temps parait-il assez rare en cette saison et les coins d’eau participent à la beauté (sur)naturelle des lieux.

Si nous avons rencontré peu de monde à l’aller, les touristes se sont faits de plus en plus présents à notre retour. Lors de la pleine saison (vers août), il n’est pas rare que la forêt soit traversée par 500 personnes dans la journée, donnant plutôt un sentiment de pèlerinage que de nature sauvage. Préférez donc le hors saison (avec un plus gros risque de mauvais temps et parfois l’impossibilité de traverser certains chemins si la rivière prend trop d’ampleur), ainsi qu’un départ au lever du jour. Sur la route, nous avons croisé des marcheurs de tous âges (de 5 à 70 ans à vue de nez), dont certains inconscients qui y allaient les mains dans les poches, en short et T-shirt. Si la marche fait qu’on est vite en sueur, il n’est pas rare que les températures chutes drastiquement une fois en hauteur. Prenez donc quelques précautions.

Yakushima

Rencontre du 3ème type

Après un déjeuner dans le centre pour touristes où nous dégustons de la viande de cerf (rien d’exceptionnel), nous louons une petite voiture pour nous rendre à Seibu Rindô en bordure ouest, une réserve naturelle. Difficilement accessible en transports en commun (et pour cause, les routes sont trop étroites pour que les bus traversent), nous nous enfonçons une nouvelle fois dans les profondeurs de l’île à la recherche d’âmes locales. Après une vingtaine de minutes sans succès, nous atteignons notre but avec la rencontre d’un cerf légèrement amoché, puis d’un autre en plein repas. Continuant notre route, les singes quant à eux se font de plus en plus nombreux, toujours en plein milieu de la route (certains défiant volontairement les voitures). D’aucuns diront qu’on peut même parfois y voir ces singes chevaucher des cerfs avec beaucoup de chance.

Au retour, escale par la plage Inakahama où il est possible selon la saison d’assister à la pondaison des tortues. Un changement radical d’ambiance et de couleurs qui donne un joli point final à ce trop court séjour, l’avion du retour nous attendant le lendemain matin. Il y a pas mal de choses que nous n’avons pu voir comme les célèbres chutes d’eau (Senpiro no Taki), les onsens (Hirauchi Kaichu), la cave Wilson en forme de cœur…. Il faudrait bien une semaine pour tout découvrir.

Yakushima recèle de trésors malgré sa taille réduite, un petit paradis à mille lieux des traditionnels Tokyo/Kyoto/Osaka/Hokkaido/Okinawa. Si vous cherchez à découvrir un autre Japon, voilà une destination de choix.

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À propos de l'Auteur

Administrateur du site "japonpratique.com". Ayant un amour incommensurable pour ce pays et ses habitants depuis tout petit, je partagerai ma passion à travers de nombreux articles sur le cinéma, la musique, la littérature, les mangas, les dramas ou encore les jeux vidéo.

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